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mercredi 16 août 2017

[Expresso] Le Dr Joel Nitzkin presse Scott Gottlieb de suspendre la campagne anti-vape de la FDA

"Je demande la suspension immédiate de la mise en oeuvre de la nouvelle campagne anti-vape". Le Dr Joel Nitzkin, qui siège notamment au groupe sur le tabac de l'American Association of Public Health Physicians (AAPHP), appelle Scott Gottlieb, Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA), a annuler la nouvelle campagne de prévention contre le vapotage, annoncée à destination des jeunes. Dans une lettre publiée sur R Street, think tank de santé publique, le défenseur d'une approche de réduction des méfaits prévient: "Cette campagne est en conflit direct avec votre intention récemment déclarée de soutenir une approche de réduction des risques dans la lutte anti-tabac"

Campagne contre-productive

"Les campagnes parrainées par le Gouvernement fédéral visant à décourager l'utilisation du vapotage et de produits de tabac sans fumée risquent de causer plus de mal que de bien. Il est peu probable qu'elles découragent les non-fumeurs d'utiliser ces produits. Il est nettement plus probable qu'elles donnent aux fumeurs et aux fonctionnaires d'Etat ou locaux l'idée erronée que le vapotage et les produits sans fumée sont aussi dangereux que les cigarettes", explique le spécialiste de santé publique.

Passerelle vers la sortie du tabagisme

"Nous savons que les produits de vapotage et les produits de tabac sans fumée disponibles sur le marché américain sont moins addictifs et présentent beaucoup moins de risques que les cigarettes. Nous savons aussi que le vapotage n'attire pas les adolescents vers la cigarette ni à la dépendance à la nicotine. En réalité, les données sont fortes pour montrer que la vape joue un rôle de première importance pour détourner les adolescents du tabagisme, qu'ils soient déjà fumeurs ou susceptibles de s'initier aux cigarettes. Ceci ressort des données du Center Disease Control (CDC) montrant que la forte augmentation de l'usage de la vape par les adolescents ces dernières années est associée à une réduction record du tabagisme", argumente le Dr Nitzkin.

Dogme obscurantiste contre la santé publique

"Je sais que ces conclusions vont à l'opposé de ce que vous disent les spécialistes de la FDA, du CDC et les dirigeants de la prévention. Le problème, tel que je le comprends, est que la politique anti-tabac actuelle est conduite sous l'emprise de sentiments et non sur la base de faits de science. Un élément en est l'engagement pour une société sans tabac, interprétée de manière à exclure tout produit nicotiné non-pharmaceutique de toute considération de santé publique. Un autre élément est le sentiment de l'évidence de la nature néfaste de la nicotine au point que toute preuve scientifique en conflit avec cette croyance est simplement rejetée sans considération", souligne le militant anti-tabac. 

Avant de pointer la crispation obscurantiste des cadres de la FDA. "Le principal obstacle à la mise en oeuvre d'une politique officielle de réduction des risques pour le tabac (THR) n'est pas le manque de données scientifiques. Cette barrière est l'absence de volonté des fonctionnaires fédéraux de prendre en considération les preuves des bénéfices individuels et de santé publique d'inclure la réduction des risques aux programmes de lutte anti-tabac, des bénéfices probablement inatteignables par d'autres moyens".


[ristret] Pourquoi la cigarette ultra-light Magic n'a pas été mise sur le marché français

Elle était annoncée en France pour juin 2016. Puis aucune nouvelle... malgré la publicité racoleuse en français sur internet. La Magic, cette cigarette de tabac OGM à très bas taux de nicotine, ne sera finalement pas commercialisée en France. "Notre plan initial était de déployer la Magic largement en Europe. Mais la réglementation de l'Union Européenne sur le tabac [TPD] a changé et interdit désormais de divulguer le contenu de nicotine sur les paquets de cigarettes. Si nous ne pouvons pas dire au consommateur que cette cigarette est à très faible teneur en nicotine, nous ne croyons pas que le produit puisse se distinguer sur ce marché très concurrentiel", explique Henry Sicignano, Président de la firme biotechnologique 22nd Century, au magazine Forbes. L'article de Rita Rubin questionne les chances de faire baisser le tabagisme en imposant des cigarettes à très bas taux de nicotine comme l'envisage le nouveau plan anti-tabac de Scott Gottlieb, le nouveau Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA).

Les trois-quarts des américains désinformés sur la nicotine

Rita Rubin pointe le problème de l'extrême désinformation du public américain sur la question. "Environ les trois quarts des adultes américains interrogés par la FDA en 2015 n'étaient pas au clair sur la relation entre nicotine et cancer ou pire croyaient à tort que la nicotine est cause de cancer", souligne t-elle.  L'étude sur laquelle elle s'appuie a été publiée en mars dans Preventive Medicine. "Croire de manière incorrecte que la nicotine provoque le cancer pourrait décourager les fumeurs à passer à des alternatives plus sûres contenant de la nicotine et pourrait conduire des non-fumeurs à expérimenter du tabac à faible teneur en nicotine en croyant que le risque de cancer serait réduit", alertent les chercheurs du Centre sur les produits du tabac de la FDA dans l'article. 

Green washing the Gauloises

Pour le moment, 22nd Century serait la seule firme capable de produire du tabac OGM à faible taux de nicotine (VLN) selon son Président. Jusque-là, la firme aligne les échecs commerciaux mais prospère grâce aux achats par le Gouvernement américain. En juin, le groupe a annoncé une commande de 2,4 millions de ses cigarettes VLN pour la recherche gouvernementale. C'est l'essentiel de sa production après la disparition dans l'anonymat de la Quest, cigarette VLN distribuée par Vector aux Etats-Unis de 2002 à 2010. Auparavant, Philip Morris avait mis sur le marché dans les années 1990' des cigarettes dénicotinisées, sous les noms de "Merit Free" et "Next", disparues également sans laisser de trace. Mais il semble que ce soit la Seita, avec ses Gauloises Vertes qui ait été précurseur dans les années 1970', comme le montre le paquet déniché par UnAirNeuf.org en 2012. 

mardi 15 août 2017

Plus de la moitié des vapoteurs au quotidien ont arrêté de fumer aux USA, selon une analyse statistique

"Plus de la moitié des usagers au quotidien de vapotage (52,2%) ont arrêté de fumer durant les cinq années précédentes. C'est la prévalence la plus haute de tous les sous-groupes démographiques et comportementaux. Après ajustement aux co-variables, ce groupe était trois fois plus susceptible d'avoir arrêté de fumer au moment de l'enquête que celui des fumeur n'ayant jamais utilisé le vapotage (aPR: 3.15 [2.66, 3.73])". L'étude de Daniel Giovenco, de l'Université de Columbia (New-York), et Christine Delnevo, de la Rutgers School of public health, a analysé les données des enquêtes 2014 et 2015 du National Health Interview Survey (NHIS) en se limitant aux fumeurs actuels et aux récents ex-fumeurs. "L'utilisation du vapotage est extrêmement rare chez les ex-fumeurs qui ont arrêté avant que la vape ne soit disponible et chez les personnes n'ayant jamais fumé", précise l'étude publiée en libre accès (en anglais) dans Addictive Behaviors

Difficile avant 2010 d'arrêter de fumer à l'aide de la vape

Des études précédentes affirmaient que le vapotage n'aide pas a arrêter de fumer en se basant sur le faible nombre d'ex-fumeurs l'utilisant. "Une limitation méthodologique à ces études est qu'elles agrègent "tous les ex-fumeurs", sans considération depuis combien de temps ils ont arrêté. Point important, le vapotage n'a pas pu jouer de rôle dans les arrêts tabagiques avant d'être sur le marché", expliquent les chercheurs pour justifier leur choix de données. "En excluant les anciens fumeurs qui ont arrêté avant que le vapotage entre sur le marché et en utilisant des mesures sur la fréquence d'usage du vapotage, nous pouvons caractériser plus précisément les relations possibles entre l'arrêt du tabagisme et l'utilisation du vapotage", précisent-ils. Estimant que l'apparition significative sur le marché américain du vapotage date de 2010, les chercheurs ont pris en compte les 15'532 personnes encore fumeurs ou ayant quitté le tabagisme après 2010 des enquêtes NHIS de 2014 et 2015. 

Trois fois plus d'arrêts des cigarettes chez les vapoteurs au quotidien

Parmi l'ensemble de ces fumeurs ou récent ex-fumeurs, 25% ont arrêté de fumer. 5,1% utilisent quotidiennement le vapotage et 52,2% de ceux-ci ont arrêté de fumer. "L'usage au quotidien du vapotage est de manière consistante le corrélat le plus fortement lié à l'arrêt du tabac", soulignent Giovenco et Delveno. Les usagers au quotidien du vapotage ont eu statistiquement 3,18 fois plus de chance d'arrêter de fumer que les fumeurs n'ayant jamais essayé la vape. "Bien que la nature transversale de l'enquête interdit des assertions sur l'usage du vapotage pour l'arrêt des cigarettes, nous avons fait plusieurs hypothèses de voies plausibles pour expliquer cette découverte", discutent les chercheurs américains. La première, la plus évidente, est un usage de la vape par des fumeurs pour arrêter de fumer. La seconde est un usage de la vape par des ex-fumeurs pour éviter de rechuter dans la consommation de cigarettes. 

Mais nettement moins d'arrêts chez les vapoteurs occasionnels

Alors que le vapotage au quotidien est associé fortement à l'arrêt du tabagisme, les usagers occasionnels et ceux qui ont essayé puis abandonné le vapotage sont moins enclins à l'arrêt du tabac, même par rapport aux fumeurs n'ayant jamais utilisé le vapotage. "Une partie de la communauté de santé publique s'inquiète que certains fumeurs, au lieu d'essayer d'arrêter de fumer, utilisent par intermittence le vapotage à des endroits où ils ne peuvent pas fumer", rappellent les chercheurs. Ils n'excluent pas cette interprétation , mais ils suggèrent qu'il est aussi possible que certains fumeurs "double-usagers" aient été interrogés au cours d'une tentative d'arrêt avec le vapotage.

"Sans avoir des informations plus détaillées sur les appareils utilisés, les expériences des usagers, les motifs de l'usage et d'autres facteurs individuels, les raisons du bas taux d'arrêt des cigarettes chez les usagers occasionnels et les personnes ayant essayé restent floues", considère l'article publié. Produits non adaptés à leur besoin ou peu efficaces comme les ciga-likes de 1ère génération, ou tout simplement absence d'envie d'arrêter de fumer peuvent entre autres expliquer ce maintien élevé dans le tabagisme des double-usagers et des fumeurs ayant essayé le vapotage sans persévérer.

Besoin de données plus consistantes

La nature transversale mais aussi les lacunes dans les questionnaires des enquêtes NHIS limitent l'étude. "Les futures recherches transversales et longitudinales devraient intégrer des mesures circonstanciées sur l'usage du vapotage, telles que la fréquence, les caractéristiques des appareils, ainsi que des facteurs individuels tels que la dépendance tabagique, l'intention d'arrêt de fumer et les raisons de l'utilisation du vapotage, afin de mieux comprendre la relation entre vapotage et arrêt tabagique", concluent les chercheurs.


dimanche 13 août 2017

Quart d'heure américain, la FDA invite t-elle la vape dans la danse de la fin des cigarettes ?

"La clef réside dans une approche nouvelle et globale de la réglementation de la nicotine. (...) Parce que la nicotine est au cœur à la fois du problème mais aussi, en fin de compte, de la solution à la question de la dépendance et des méfaits causés par les formes combustibles du tabac". Scott Gottlieb, Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA) américaine depuis trois mois, a annoncé une toute nouvelle stratégie de lutte contre le tabagisme le 28 juillet. Prenant acte de l'accélération de la chute du tabagisme sous l'impulsion du vapotage, le nouveau dirigeant impulse une rupture avec le paradigme unique du "quit or die" (quitter ou mourir) qui se limitait à la prévention, la stigmatisation des fumeurs et la surtaxation des cigarettes. Médecin de 45 ans connu pour être sensible aux approches de réduction des risques et ayant lui-même survécu à un cancer, Scott Gottlieb reprend la question sous un angle encore inédit. 

Un plan plutôt qu'une mesure unique

Cette nouvelle politique "vise à trouver un équilibre précis entre la réglementation de tous les produits de tabac, et l'opportunité d'encourager le développement de produits innovants qui peuvent être moins dangereux que les cigarettes combustibles", explique le Commissaire de la FDA. Les deux axes de son plan visent, d'un côté, à réduire l'entrée des jeunes et le maintien dans le tabagisme, et de l'autre, favoriser et aider sa sortie pour les fumeurs actuels. "Ces étapes sont destinées à marcher de concert comme un plan. (...) Elles constituent une approche globale de santé publique, c'est vraiment tout ou rien", insiste Scott Gottlieb, dans son allocution.

Rendre les cigarettes "non-addictives" ?

Dans cette stratégie a deux volets, le premier pan est pour la FDA, qui a le pouvoir depuis 2009 de régir les produits du tabac, de réduire la puissance dépendogène des cigarettes afin d'éviter l'entrée et le maintien dans le tabagisme. Pour cela, le directeur de l'agence propose d'ouvrir une réflexion sur l'abaissement de leur taux de nicotine. Ce point s'inspire des recherches menées depuis les années 1990' sur les cigarettes dites à taux très bas de nicotine (very low nicotine VLN). Le taux de nicotine adéquat à des cigarettes "non-addictives" et l'éventuelle manière d'introduire des restrictions sur ce taux, réduction brutale ou progressive notamment, seront au menu des discussions de l'administration et ses partenaires. La mise en oeuvre de cette mesure pourrait prendre au moins trois ans.

D'ors et déjà, les recherches fortement subventionnées sur le très bas taux de nicotine (VLN) ont accouché d'un projet commercial de tabac OGM. La firme 22nd Century a mis en vente aux Etats-Unis ses cigarettes Magic, dont elle avait annoncé l'arrivée en France en 2016 sans suite... Avec 0,3 mg ou 0,5 mg de nicotine, celles-ci réduisent de plus de 95% le contenu des cigarettes conventionnelles sur le marché aux Etats-Unis et en Europe. La firme biotechnologique a profité de l'annonce de la FDA pour proposer ses services aux firmes cigarettières. "Si Big Tobacco ne veut pas que leur marché tombe à zéro du jour au lendemain, ils vont devoir travailler avec quelqu'un qui fait du tabac à très bas taux de nicotine", déclare Henri Sicignago, Directeur de 22nd Century à Reuters ce 7 août.

Risque d'effet compensatoire ?

Le contenu actuel, de 10 à 20 mg de nicotine généralement, des cigarettes découle de la norme, introduite dans les années 1970', dite 10-1-10 : pour 10 mg de goudrons, 1 mg de nicotine, 10 mg de monoxyde de carbone d'émissions mesurées par les machines à fumer. Cette norme, combinée aux filtres ventilées (avec de petits trous minuscules et quasi invisibles), a contribué à l'essor d'une nouvelle forme de cancer des poumons dite adénocarcinome liée à l'effet compensatoire, plus ou moins inconscient, des fumeurs aspirant plus fortement et profondément la fumée pour être satisfaits.


Les défenseurs du tabac à très faible taux de nicotine (VLN) argumentent qu'en deçà d'un niveau addictif l'effet compensatoire ne perdure pas, le fumeur ne pouvant pas retirer une dose suffisante de nicotine contrairement aux cigarettes "lights". Le Pr Eric Donny, de l'Université de Pittsburgh (USA), a expliqué au dernier Global Forum on Nicotine à Varsovie que ses recherches, dont celle publiée en 2015 dans le New England Journal of Medicine, l'amènent a estimer ce taux à 2,4 mg de nicotine par cigarette. "On voit sur ces données qu'il n'y a pas d'effet de hausse de la consommation de cigarettes que certains redoutaient en abaissant le taux de nicotine", souligne le directeur du Centre d'évaluation de la nicotine dans les cigarettes (CENIC) rattaché à la FDA.

Peu de preuves convaincantes

La question est controversée pour plusieurs raisons. Pour le moment, les études sur l'arrêt du tabagisme par l'entremise des cigarettes VLN offrent de faibles preuves. A la fois les panels de personnes et la durée du suivi sont tous deux trop réduits pour rendre convaincants les résultats aux yeux de plusieurs spécialistes. "La recherche sur la stratégie de réduction de nicotine à un très bas taux (low nicotine-reduction) est jusqu'ici préliminaire et suggestive mais pas sur des échantillons de fumeurs représentatifs", souligne par exemple le Pr Lynn Kozlowski dans son article de juin 2016 sur la question dans Tobacco Control.

Malgré cela, Scott Gottlieb se dit confiant dans les recherches sur le sujet qui lui ont été présentées. "Je peux dire que la FDA et d'autres ont fait une analyse préliminaires des impacts potentiels sur la santé publique si les cigarettes ne pouvaient plus créer ou maintenir l'addiction. Les bénéfices de santé publique s'étaleraient dans le temps, car les générations futures de jeunes qui expérimenteraient ces cigarettes seraient beaucoup moins susceptibles de devenir dépendants de la nicotine et de subir des maladies chroniques par rapport aux risques de fumer les cigarettes combustibles actuelles", assure t-il. Mais le responsable de la FDA est conscient d'une des principales dérives possibles: l'apparition d'un marché noir de cigarettes (plus fortement) nicotinées.

Second volet: les produits plus sûrs pour éviter l’écueil du marché noir de cigarettes

"J'ai aussi demandé au Centre sur les produits du tabac (CTP) d'évaluer le risque d'effets néfastes d'une réduction des taux de nicotine, en particulier le risque de l'apparition d'un marché noir de cigarettes plus fortement nicotinées. Nous devons aussi mieux comprendre le rôle, le cas échéant, que peut jouer la disponibilité des nouvelles formes de délivrance de nicotine pour réduire ces effets néfastes", explique t-il. En somme, pour Scott Gottlieb, refermer la porte aux cigarettes implique d'ouvrir celle vers les produits à risque réduits, dont le vapotage, pour éviter l’écueil évident d'un marché noir de tabac.

A défaut d'offrir une telle alternative, la reproduction avec le tabac des catastrophes sanitaires, sociales et politiques des précédents sanglants des prohibitions de l'alcool, du cannabis et des autres guerres pour "un monde sans drogue" ne fait guère de doute. La dystopie puritaine d'un monde sans nicotine pourrait être la répétition de leurs précédentes catastrophes de santé publique. La politique anti-vape menée par l'administration américaine précédente semble d'ailleurs avoir déjà brisé la dynamique vertueuse impulsée par la vape.

La politique anti-vape précédente a relancé le tabagisme en 2016


Après six ans de chute libre, le taux de tabagisme américain a augmenté en 2016 selon les premières données (early datas) du Center for Disease Control (CDC), dont les médias n'ont pas encore parlé. De 15,1% en 2015, la part de fumeurs est passé à 15,8%. Alors que sur la tendance des années précédentes le tabagisme aurait pu chuter entre 14% et 14,5%. La hausse n'est pas très forte, mais elle rompt une dynamique où le tabagisme s'était réduit d'un quart depuis 2010 - en perdant 5,5 points de 20,6% à 15,1% de la population des plus de 15 ans -. Plus que sur l'ensemble des 13 années précédentes (4,1 points). Cette accélération de la chute du tabagisme était liée à l'essor du vapotage selon une étude récemment publiée dans le British Medical Journal. "L'augmentation substantielle de l'utilisation du vapotage chez les fumeurs américains a été associée à une augmentation statistiquement significative du taux de cessation tabagique au niveau de la population", explique l'étude dirigée par le Pr Shu-Hong Zhu, de l'Université de San Diego en Californie.

La multiplication des campagnes anti-vape hyper agressives associées aux rumeurs anxiogènes des médias à sensation ont sapé la confiance du public dans le vapotage. Entre 2012 et 2015, la part d'adultes, croyant que le vapotage est aussi ou plus nocif que les cigarettes, a plus que triplé aux Etats-Unis selon une étude menée par le Dr Ban Majeed de l'Université de Géorgie. "Il y a aussi une augmentation de la proportion des fumeurs qui perçoivent le vapotage comme étant aussi ou plus nocif que les cigarettes, passée de 11,7% en 2012 à 35,1% en 2015", s'inquiètent les auteurs de l'article publié dans l'American Journal of Preventive Medicine en mars dernier.



La vape indépendante sauvée de sa mort-subite

La mort subite de l'industrie indépendante de la vape qui se profilait avec la réglementation de la FDA a aussi contribué à l'érosion du phénomène. L'ajournement annoncé par Scott Gottlieb est un véritable sauvetage de dernière minute. La deadline fixée initialement en août 2018 est reportée en 2022. Mais surtout, dans ce laps de temps le Commissaire de la FDA veut réformer ces règles absurdes qui auraient entraîné l'élimination de facto des entreprises ne pouvant mettre des millions de dollars pour faire homologuer leurs produits. "Au fur et à mesure que nous adoptons cette nouvelle approche, nous devons aussi ré-examiner avec un nouveau regard la place des produits non-combustibles. Une partie de la tâche du Centre sur les produits du tabac (CTP) est de reconsidérer les aspects de la mise en œuvre de la réglementation "Deeming rule" dans la perspective de favoriser l'innovation où cette innovation pourrait véritablement faire une différence de santé publique et de veiller à ce que nous ayons les règlements fondamentaux dont nous avons besoin pour rendre l'ensemble du programme transparent, prévisible et durable à long terme", détaille Scott Gottlieb.

Evidemment, ce qui va se concrétiser de cette remise à plat de la réglementation sur le vapotage sera crucial pour son avenir. Un espoir d'une approche plus compréhensive et intelligente de la part de la FDA naît des précisions que donne Scott Gottlieb sur sa distinction des modes de consommation. "Une approche axée sur la réduction des morts et des maladies causées par le tabagisme doit partir du principe que, bien que la nicotine soit concernée, le problème n'est pas seulement la nicotine. Le plus gros problème est le mécanisme de délivrance, la manière dont la nicotine est administrée. Attachez la nicotine à des particules de fumée créées par la combustion des cigarettes et le mécanisme est mortel. Attachez-la à un médicament sans les toxiques présents dans les produits du tabac et ce produit thérapeutique est jugé sûr et efficace par la FDA pour aider les fumeurs à cesser de fumer", argumente le directeur de la FDA.  

Le continuum de risques introduit dans le paradigme de la FDA

"Alors, comment devons-nous adopter une nouvelle approche globale sur la nicotine?", poursuit-il. "Nous devons reconnaître qu'il existe un continuum de risque des moyens de délivrance de nicotine. Ce continuum s'étend des cigarettes fumées à une extrémité jusqu'aux substituts pharmaceutiques nicotiniques de l'autre". Cette inflexion change fondamentalement l'approche de la FDA en remettant en cause le dogme du refus de reconnaissance de moyens plus sûrs, en dépit de l'existence des substituts nicotiniques, qui prévalait jusque-là. C'est le changement majeur de paradigme qu'introduit Scott Gottlieb dans l'instance américaine.

On note clairement une ambiguïté dans le discours du nouveau directeur de la FDA. Il commence par mettre l'accent sur la nicotine et son présumé potentiel dépendogène, mais c'est pour amener l'idée de faire glisser la problématique sur son mode de consommation.  La translation qu'opère Scott Gottlieb déplace l'énoncé du problème en termes sanitaires et non plus moraux comme c'était le cas avec son prédécesseur. "La nicotine dans les cigarettes n'est pas directement responsable du cancer, des maladies pulmonaires et des maladies cardiaques qui tuent des centaines de milliers d'américains chaque année. (...) Ce sont les autres composés chimiques dans le tabac, et dans la fumée créée par le tabac en combustion, qui sont directement et primordialement causes de maladies et de mort, pas la nicotine elle-même", insiste le Dr Gottlieb.

Sur la corde raide

Ce glissement dans son discours a valu des comptes-rendus assez biscornus dans les médias mainstream francophones agrémentés de commentaires passablement à côté de la plaque. C'est pourtant le changement fondamental du plan annoncé en regard de la matrice "pro-abstinence only", nommée "quit or die", de l'administration précédente. Scott Gottlieb ouvre la porte à une consommation "plus sûre" de nicotine sans stigmatiser ses usagers. C'est une révolution des mentalités en regard des forces en présence aux Etats-Unis dans ce champ: la reconnaissance d'une approche de réduction des méfaits.

La presse américaine voit la perspective "d'une ère de transition", pour citer Bloomberg, dans ce plan. La fin du temps du "fumer" vers celui d'une pluralité de modes de consommation à risque réduit tels que vapotage, vaporisation et snus. "La FDA vient de dévoiler une des plus importantes initiatives de santé publique du siècle" s'enthousiasme le Washington Post. Mais vers ce changement sociétal, le plan de Scott Gottlieb "marche sur une corde raide", selon l'expression de Toni Clarke pour Reuters, entre intégristes pro-abstinence et défenseurs de la liberté de choix.

Sénateurs Démocrates et Big Tobacco contre ce plan anti-tabac

Sans surprise, l'annonce de ce plan a déjà suscité des réactions le dénonçant. De la part des tenants de l'abstinence et d'autre part du lobby cigarettier. Les premiers critiquent l'ouverture aux modes de consommation de nicotine à risque réduit, et en particulier l'ajournement de la régulation qui allait tuer l'an prochain la vape indépendante. Matt Myers, Président de la très puissante Campaign for Tobacco Free-Kids (CTFK) - association créée par les laboratoires pharmaceutiques Johnson & Johnson et qui a collaboré avec Philip Morris pour élaborer la loi sur le tabac - a réagi négativement au report de la réglementation anti-vape à 2022. "Il n'y a aucune raison d'autoriser ces produits à rester sur le marché", estime Matt Myers dans le New-York Times.

Dans la foulée, treize Sénateurs du parti Démocrate ont écrit une lettre confidentielle à Scott Gottlieb pour s'opposer au pan de réduction des risques prévu dans son plan anti-tabac. La missive, qui a fuité, réclame le maintien de la réglementation anti-vape indépendante et suggère aussi d'interdire des arômes pour le vapotage. Outre les Sénateurs, des Etats intensifient leur guerre au vapotage. Ce sont principalement les Etats ayant contracté des "prêts pourris", nommés Turbo Bonds, indexés sur les ventes de cigarettes, comme l'avait révélé ProPublicca. La Californie, où San Francisco joue le rôle de ville-test, la ville de Chicago dans l'Illinois et la ville de New-York sont notamment tenus par des Démocrates.

Scott Gottlieb pourrait aussi redouté sa propre administration. Suite à l'élection de Donald Trump, un vent de dissidence a soufflé au sein des staffs fédéraux. Avec notamment des comptes twitters "alternatifs" alignant les positions propres de (certains) bureaucrates sous anonymat. La FDA n'y a pas échappé et son compte inofficiel a régulièrement insisté sur le bien fondé de sa mise à mort de la vape indépendante par la "deeming rule". L'influence excessivement puissante de l'industrie pharmaceutique, qui a gros à perdre avec l'évaporation du tabagisme en terme de clients pour ses médicaments en tout genre, a eu le temps de solidement s'installer dans les administrations de santé durant les précédentes législatures. Cependant, Scott Gottlieb a insisté avoir le plein soutien de ses troupes pour son plan.

Alliance objective entre intégristes et cigarettiers

Evidemment, ces oppositions vont dans le sens des affaires des cigarettiers. Même si leurs objectifs sont sensiblement différents et vont viser en priorité à faire exploser le versant de l'abaissement de la nicotine, tout ce qui peut saboter le plan de Scott Gottlieb est bienvenu pour les Big Tobacco. La situation était idéale pour eux avec une réglementation qui allait étendre le surnommé "Marlboro Monopoly Act" aux produits de vapotage, profiler ce marché pour quelques produits des multinationales tabagiques et réduire sa concurrence aux cigarettes. Le marché boursier ne s'y est pas trompé. L'annonce de ce plan inattendu a fait dévisser d'environ 20% en quelques heures les actions des firmes cigarettières. 

Le double mécanisme du plan de Scott Gottlieb de tenter de rendre inattractives les cigarettes et de sauver le vapotage est évidemment le cauchemar inattendu des cigarettiers. Une vraie douche froide après le rêve sur le point de se réaliser de la politique précédente. "Cette nouvelle politique va déclencher à coup sûr une guerre de lobbying. Les compagnies de tabac pourraient intenter des poursuites pour la stopper. Elles pourraient aussi mettre la pression sur les membres du Congrès pour les défendre ou même bloquer la FDA. Selon des lobbyistes du tabac, l'industrie pourrait faire valoir que cette politique équivaut à une interdiction de facto des cigarettes", explique un article de Bloomberg de Anna Edney et Jennifer Kaplan.

Quelles probabilités de réussite?

Sous la menace d'être saboté par les Démocrates, le lobby pharmaceutique, le clan intégriste pro-abstinence, tout ce petit monde soi disant anti-tabac mais de nouveau allié de circonstance aux multinationales tabagiques, les chances du plan de Scott Gotlieb d'être appliqué correctement sont minces. Les effets qu'auraient une réduction du taux de nicotine dans les cigarettes sont loin d'être clairs et acquis. Autrement dit, même bien appliquée, cette politique ne donne pas beaucoup de garantie sur ses conséquences pour ce volet.

Par contre, le volet des modes de consommation de nicotine à risque réduit a déjà fait ses preuves durant les six dernières années aux Etats-Unis. Il a impulsé et accéléré une réduction massive du tabagisme adulte et adolescent. Scott Gottlieb peut espérer s'appuyer sur cette dynamique pour soutenir son plan durant la législature. A ce titre, son annonce est un grand bol d'air pour le camp "pro-choice" de la liberté de pouvoir opter pour des produits plus sûrs que les cigarettes. 

Mais pour bénéficier de ce mouvement, il devra rapidement contre-carrer les effets délétères des campagnes de propagande anti-vape qui ont sapé la confiance du public et brisé la dynamique en 2016. Son accent mis sur la nicotine, plutôt que de clairement attaquer le mode de consommation, tend à renforcer la peur irrationnelle à son encontre et le mythe de sa forte puissance "addictive" par elle-même seule. Avec la toute nouvelle campagne de "prévention" de la FDA contre le vapotage chez les jeunes, ce sont probablement de très mauvais signaux envoyés au public à ce niveau.

Faire de la vape un allié de santé publique ?

Il devra aussi rapidement donner des gages au monde professionnel de la vape. L'incertitude du secteur a déjà poussé certains acteurs à abandonner, comme l'historique Provape ou Totally Wicked. Il pousse un certains nombre d'autres à privilégier un marketing racoleur à court terme, n'ayant pas de visibilité pour un développement au-delà. Un assainissement de certaines dérives passe nécessairement par la fin de la précarisation artificielle imposée au vapotage par les autorités. Mobiliser le monde de la vape dans le sens de cette politique implique de le rassurer sur son avenir et le soutenir. 

Pour éviter un marché noir en cas de réduction de la nicotine dans les cigarettes légales, il faudrait encourager les fumeurs à passer au vapotage. "Ce n'est pas ce que le Gouvernement a fait ces dernières années, leurs actions ont été dans le sens contraire. Sans un soutien solide aux produits de vapotage, l'objectif de santé publique visé par la réduction de nicotine dans les cigarettes ne s'accomplira pas", estime Stefan Didak, Président de l'association Not blowing smoke dans le Vaping Post. Scott Gottlieb sera t-il capable d'avoir l'audace de penser et d'imposer ces mesures dans un timing adéquat ? ...



vendredi 11 août 2017

[Expresso] En Inde, la vape se développe malgré les menaces

"La culture vape se développe en Inde". YourStory, le media en ligne sur les petites entreprises innovantes indiennes, consacre un article à l'essor du vapotage sur le sous-continent. En guest star, Vape Stop, un vendeur online de produits de vapotage a ouvert en début d'année. "En aidant les Indiens à lâcher la clope, Vape Stop veut libérer le pays du tabac d'ici 2030", titre le média indien. La startup se distingue par son offre de produits de vapotage avancés. Exit les ciga-likes et place aux combos mods et atomiseurs récents livrant plus d'autonomie, de volume de vapeur et de plaisir aux usagers. La firme basée à Delhi a déjà doublé son chiffre d'affaire en six mois. "En étant le pionnier dans le pays, nous avons peu de concurrence sur le secteur du vapotage avancé pour le moment", explique Anant Jangwal le fondateur de l'entreprise qui espère créer des boutiques physiques sous peu.

Vape Expo India les 9 et 10 septembre

Des concurrents pour Vape Stop, les vapoteurs indiens peuvent en espérer sous peu. Un premier salon Vape Expo India se tiendra les 9 et 10 septembre prochains à Delhi. L'occasion de faire connaitre les produits récents aux acteurs du marché et aux usagers. Anant Jangwal sera d'ailleurs un des intervenants aux conférences du salon. Mais plus que la future concurrence, ce que le patron de la startup redoute ce sont les menaces des projets législatifs. Comme nous l'avons déjà relaté, le Ministère de la santé envisage sérieusement d'interdire le vapotage en Inde. Actuellement cinq Etats l'ont déjà fait. "Anant espère que le Gouvernement indien inclut le vapotage dans sa stratégie de réduction du tabagisme et soutienne cette industrie indépendante à l'avenir", souligne YourStory. Une perspective partagée dans ses grandes lignes par l'association des usagers indiens dans sa lettre au Ministre de la santé au début du mois.

L'OMS connection

Avec notamment le poids massif de la production de tabac brut qui rapporte plus de 650 millions de dollars dans la balance commercial du pays, les intérêts économiques à court terme ne sont pas en faveur du mode de consommation de nicotine à méfaits extrêmement réduits. Pourtant, la santé publique gagnerait a offrir une sortie aux 120 millions de fumeurs indiens. Pour le moment, les autorités semblent pencher pour les intérêts économiques avant le bien-être de la population, jusque dans ses intrigues au sommet anti-tabac de l'OMS qui s'était tenu en novembre dernier dans le même centre d'exposition de Noida où se tiendra le Vape Expo India.


[Expresso] 75% d'arrêt de la cigarette avec la vape selon une thèse de l'Université de Louvain

Au terme de trois mois de suivi, 75% des personnes ayant opté pour le vapotage avaient réussi à ne plus fumer. La presse belge, avec quelques petits contresens en français et plus précisément en flamand, relate les résultats de la soutenance de thèse de Brent Boermans en faculté de psychologie comportementale à l'Université de Louvain.  Il a observé le sevrage et son évolution sur quatre mois de 53 fumeurs désirant arrêter avec différents moyens d'aide et soutenus par un tabacologue. Si sur un mois, les drogues pharmaceutiques (comme le Champix) sont les plus efficaces avec 100% de réussite, leur taux de rechute est de plus de la moitié après 3 mois. Contrairement au vapotage qui s'avère au final l'aide la plus efficace multipliant les chances d'arrêt du tabac par 1,69 fois par rapport à l'ensemble des autres options, et fait plus que doubler les chances par rapport aux substituts nicotiniques. 

La vape plus efficace dans la durée

On attendra la publication de la thèse elle-même pour avoir les détails, mais il est remarquable que les échecs avec la vape arrivent dans les toutes premières semaines, tandis que les autres moyens d'arrêts échouent à maintenir le taux de réussite de sevrage sur la durée. Ceci pourrait souligner l'importance des premiers conseils aux fumeurs essayant le vapotage. Cela confirmerait aussi le bien fondé du peu de confiance qu'une large partie des fumeurs accordent aux aides pharmaceutiques à long terme. Même si l'échantillon est réduit, il est à noter que ses résultats d'arrêts tabagiques à l'aide du vapotage sont cohérents avec ceux rapportés par le Dr Jean-Paul Humair de l'Hôpital Universitaire de Genève (HUG) dont nous avions fait état (ce qui est un quasi scoop tant les médias suisses boycottent les informations positives sur le vapotage!).

Sevrage tabagique maintenu après trois mois / un mois (n=53), thèse de Brent Boersman (Université de Louvain):

  •  50,9% de tous les participants restaient sevrés / après un mois ils étaient 75% 
  • Avec vapotage: 75% /déjà 75% après un mois
  • Avec vape + substituts nicotiniques combinés: 66% / déjà 66% après un mois
  • Drogue pharmaceutique: 42,8% /alors qu'ils étaient 100% après un mois
  • Substituts nicotiniques seuls: 30% au final / contre 70% après un mois


jeudi 10 août 2017

[Expresso] L'Allemagne lance une campagne de dénigrement contre la vape sur Facebook


"Ce n'est pas une alternative saine". Le Gouvernement allemand répand la peur contre la vape sur les réseaux sociaux. "Beaucoup de fumeurs utilisent le vapotage comme une alternative saine pour arrêter de fumer. Mais même si la vape est moins nocive que les cigarettes, elle pose notamment par sa teneur en nicotine des risques graves pour la santé", explique le Ministère de la santé (BMG) sur son compte Facebook. Des risques graves vraiment ? "Les trois affirmations du Ministère dans son infographie sont correctes. (1) Le vapotage n'est pas une "alternative saine", parce que rien n'est absolument 100% sain dans la vie. (2) La nicotine peut favoriser des maladies chroniques, mais elle protège aussi contre diverses autres maladies chroniques. D'ailleurs le Ministère recommande des médicament contenant de la nicotine pour l'arrêt du tabac", commente le Pr Bernd Mayer, de l'Université de Graz, sur son Facebook et poursuit, "(3) Le vapotage peut produire des substances cancérigènes, mais seulement dans des quantités minimes. Les usagers évitent la pyrolyse du liquide qui se produit en cas de "dry puff" car cela a un goût répugnant. Cela peut aussi arriver de carboniser un toast, mais on ne le mange pas généralement". Avant de souligner,"Le Ministère de la santé (BMG) dit la vérité mais pas toute la vérité".

Des centaines de commentaires s'indignent de la mésinformation répandu par les autorités allemandes. Les usagers y voit la rapacité fiscale du Gouvernement fédéral qui perçoit plus de 14 milliards d'euro par an grâce aux ventes de tabac. Il est à noter aussi que le pays est le plus grand exportateur de produits de tabac manufacturés au monde, selon les chiffres 2016 d'ITC. D'autres citoyens s’interrogent sur la bonne information des autorités sanitaires qui ont produit cette communication catastrophiste. "Quelqu'un m'a demandé d'informer le BMG de ces faits. Les employés du Ministère connaissent déjà très bien ceux-ci. Ils n'ont jamais essayé d'informer les fumeurs pour qu'ils passent au vapotage, alors que probablement pour un grand nombre cela sauverait leurs vies. L'argent et l'idéologie sont de toute évidence plus importants au Ministre que la santé de la population", déplore Bernd Mayer qui avait écrit un texte d'information médicale au sujet de la vape en mai



[Expresso] France: Philip Morris profite de la censure et du dénigrement contre la vape pour promouvoir sa cigarette Iqos

C'est une petite bombe que lâche ce matin le site Vaping.fr. L'enregistrement du recrutement téléphonique d'un "ambassadeur" par Philip Morris pour "faire la promotion" de sa nouvelle cigarette Iqos en France. La recruteuse du cigarettier est claire sur la tactique de contournement de la loi Evin. "Les restrictions législatives font qu'on ne peut pas faire de publicité pour du tabac, du coup il faut faire interagir votre réseau", explique t-elle dans une des conversions enregistrées. A l'image de sa stratégie de marketing testée en Suisse, le cigarettier prévoit des soirées "événements", des présentations en public, des groupes privés sur les réseaux sociaux et de la chasse directe. "Ce sera chaud pour vous et vous ne pouvez pas en faire la publicité vraiment", précise la recruteuse au postulant. Et de préciser que le futur chasseur de Philip Morris aura une enveloppe dédiée de plusieurs centaines d'euros, pour inviter des personnes à boire un verre ou autres, en vue de leur placer la cigarette Iqos. Le modèle semble proche de la campagne de chasse aux fumeurs d'Iqos mis en place par Philip Morris en Suisse.


Surfer sur la propagande des anti-vape

La stratégie de marketing du cigarettier vaudois entend bien profiter de la censure imposée aux produits de la vape par la loi Marisol Touraine, qui interdit "publicité et propagande" pour le produit sans tabac ni combustion en France. Tandis que sa cigarette de tabac Iqos produit de la pyrolyse comme nous l'avions expliqué sur la base des documents de Philip Morris et d'une étude indépendante lausannoise. Les campagnes de dénigrement du vapotage à répétitions par certaines organisations soi-disant anti-tabac, largement relayées par les médias à sensation, ont semé le doute dans la population des fumeurs contre la vape. Du pain béni pour Philip Morris qui va donc lancer une grande campagne de promotion de son nouveau produit pour récupérer sa clientèle perdue ces dernières années au profit de la vape. La mise en place d'une armée d'agents recruteurs en est un élément. 

La Ministre doute et donc n'existe pas

Pendant ce temps, la Ministre de la santé Agnès Buzyn préfère continuer de "douter" de l'intérêt de stratégie anti-tabac intégrant le vapotage, à l'image de celle britannique où le nombre de fumeurs s'est réduit de 20% depuis 2011. Le "doute", pour ainsi dire ce second produit de l'industrie cigarettière...





lundi 7 août 2017

Le risque cancérigène de la vape serait inférieur à 1% de celui des cigarettes selon une recherche

«La plupart des analyses de vapotage indiquent un potentiel cancérigène inférieur à 1% de celui de la fumée de cigarette». Publiée hier dans Tobacco Control du British Medical Journal (BMJ), un travail de recherche (research paper) a calculé les risques cancérigènes des cigarettes, dont une de tabac chauffé, du vapotage et d'inhalateur pharmaceutique de nicotine. Précisément, l'analyse modélisée pour comparer de multiples études aboutit à un risque cancérigène de 0,4% pour le vapotage par rapport aux cigarettes. Sur la durée d'une vie, «comparés aux cigarettes [risque = 1], les risques relatifs sont de 0.024 pour la cigarette de tabac chauffé, de 0.004 pour le vapotage et de 0.0004 pour l'inhalateur de nicotine». Autrement dit, vapoter entraînerait 250 fois moins de risque de cancer que fumer, selon les calculs du Dr William Stephens de l'Université de St. Andrews (Écosse).

Modélisation 


Pour arriver à cette estimation, il a mis au point une série d'équation pour pouvoir comparer entre elles les études hétérogènes sur les substances dégagées par les cigarettes, le vapotage et les inhalateurs de nicotine. "Les potentiels cancérigènes des différents aérosols administrant de la nicotine ont été modélisés pour utiliser des analyses chimiques publiées sur les émissions et les risques associés à leur inhalation. Les potentiels ont été comparés à l'aide d'une procédure de conversion pour exprimer la fumée de cigarette et le vapotage dans des unités communes. Les risques de cancer sur la durée d'une vie ont été calculés à partir de ces potentiels sur la base d'estimations de consommation quotidienne", précise l'article de la revue anti-tabac. Sur la base des études, le Dr Stephens a estimé réaliste pour le risque de cancer sur la durée d'une vie de comparer une consommation quotidienne de 15 cigarettes à 30 litres d'aérosol de vapotage inhalé (NB: pas d'e-liquide de recharge, mais bien d'aérosol dégagé par la vapoteuse).


La nicotine elle-même n'étant pas cancérigène, ce sont les autres substances dégagées dans les aérosols qui sont facteurs de risque. Les concentrations de cancérigènes, reconnus (type 1) et possibles (type 2) par l'Agence Internationale de Recherches sur le Cancer (IARC) habituellement détectés dans la fumée de tabac, ont été pondérés selon l'évaluation du risque par dose établie par l'Office of Environmental Health Hazard Assessment database (OEHHA, California, USA). Le Dr Stephens a ensuite évalué les potentiels cancérigènes moyens de chaque mode de consommation de nicotine et calculé le risque sur une vie avec une consommation moyenne. Il est à noter que le calcul pour le tabac chauffé ne se base que sur une seule étude à partir d'un prototype d'appareil pour ce type de cigarettes.

Substances problématiques...

«Les cancérigènes les plus élevés des cigarettes sont le 1,3-butadiene et l'acrylonitrile, comptant pour plus des trois-quarts du potentiel cancérigène», souligne le Dr Stephens. Dans le vapotage ce sont le formaldéhyde et le cadmium qui constitueraient les principaux risques cancérigènes. «Même des taux minimes de cadmium peuvent avoir un effet majeur étant donné son niveau très élevé de risque, mais le cadmium n'a pas été détecté dans toutes les mesures et dans certaines autres il n'était présent qu'en concentration proche de l'indétectable», pondère le chercheur écossais. Concernant le formaldéhyde, les mesures rapportées par les différentes études sur le vapotage sont extrêmement disparates. Certaines mesures sont proches du niveau de l'inhalateur pharmaceutique, tandis que d'autres dépassent les taux dégagés par les cigarettes.

Ou méthodes problématiques

Or, le Dr Stephens observe que les études rapportant de fort taux d'aldéhydes ont utilisé des voltages dépassant la plage d'utilisation normale des appareils de vapotage. Le problème est celui des surchauffes artificiellement produites par les machines à fumer ne détectant pas l'assèchement de la mèche. Au lieu de vaporiser le liquide, les chercheurs produisent alors un phénomène de pyrolyse. Autrement dit, ils crament la mèche et d'éventuels résidus au lieu de vapoter. «Ceci implique que c'est la manière dont l'appareil est utilisé qui peut être plus importante que l'appareil lui-même», éclaire le Dr Stephens. Pour éviter le problème, le chercheur insiste sur l'information de bonnes pratiques d'usage à délivrer aux utilisateurs. Et peut-être aux chercheurs...? Du moins, le Dr Stephen a jugé préférable d'écarter de son calcul les études ayant dépassé la puissance d'utilisation normale des vapoteuses pour produire les aérosols.

Un bon exercice mais prématuré ?

La grande disparité des mesures sur le formaldéhyde pose un problème de fond sur la qualité des études et les critères de publication des revues scientifiques sur le thème du vapotage. La très mauvaise qualité de certaines études sur le vapotage est vraiment inquiétante. Elle pose aussi un problème concernant la solidité de l'évaluation de cette méta-analyse sous un autre angle. Celui de l'absence de donnée pour le vapotage à propos de certains toxiques cancérigènes. «A mon avis, cette étude est un bon exercice mais elle est prématurée», commente le Dr Konstantinos Farsalinos, de l'Université de Patras, sur son blog. Pour autant le chercheur grec ne suit pas le Pr Stanton Glantz, de l'Université de Californie, qui s'est simplement gaussé sur son blog de l'étude. Le californien estime "mauvaise" la question de réduire les risques de cancer lié au tabagisme, n'apportant à son sens pas de réponse intéressante. Pourtant, les cancers représentent environ le tiers de la mortalité prématurée lié au tabagisme, que l'OMS quantifie à près de 7 millions de morts par an dans le monde.


dimanche 6 août 2017

Inde: les vapoteurs demandent au Ministre de la santé de reconsidérer le projet de prohibition

"Une telle décision compromettrait le potentiel de réduction des méfaits des produits de vapotage. Ce serait un vol d'un droit pour des millions de fumeurs et de vapoteurs en Inde". L'Association des Vapoteurs Inde (AVI) demande au Gouvernement de reconsidérer son projet de prohibition du vapotage. Annoncé par la presse suite à un rapport d'un comité technique, l'éventuelle interdiction totale du vapotage en Inde priverait les plus de cent millions de fumeurs locaux d'accès légal à cette alternative de consommation de nicotine à risque fortement réduit. "Récemment le Collège Royal des Médecins britannique a publié un rapport scientifique analysant des dizaines d'études et conclue que le danger pour la santé à long terme de l'inhalation de vapotage est susceptible d'être en dessous de 5% des risques de fumer des cigarettes", rappelle l'organisation des usagers dans sa lettre du 1er août à Jaggat Prakash Nadda, le Ministre de la santé. 

L'Inde à contre-courant

L'outil est déjà utilisé par de nombreux organismes d'aide à la sortie du tabagisme et des millions d'utilisateurs de vapotage se sont libérés de la cigarette à travers le monde. Un phénomène qui amène des pays à l'intégrer à leur politique de santé. L'AVI cite le très récent plan "pour une génération sans fumée" du Gouvernement britannique: "Aider les gens à quitter le tabagisme en autorisant les technologies innovantes qui minimisent le risque de méfait et maximiser la disponibilité des alternatives plus sûres". L'Etat fédéral américain, par l'entremise de la Food and Drug Administration (FDA), prend aussi le chemin d'utiliser le vapotage contre les cigarettes dans son nouveau plan anti-tabac. "Scott Gottlieb, le Commissaire de la FDA, reconnait l'importance des mécanismes de délivrance de la nicotine et il annonce un changement de réglementation pour pousser les fumeurs à passer au vapotage", souligne l'Association indienne.

Consulter les usagers

Les représentants des vapoteurs déplorent que l'Inde semble prendre le chemin inverse. Dans un pays frappé par le tabagisme, où plus de 900'000 personnes en meurent chaque année selon les estimations officielles, ils regrettent l'orientation anti-vape prise sur la base d'une évaluation unilatérale. "Nous demandons aussi au Ministère de la Santé de prendre une approche plus consultative (...). Nous serions heureux d'avoir l'opportunité d'expliquer plus en détails notre position et présenter au Ministre des personnes pour qui le vapotage a fait la différence entre une mort certaine et la vie."


samedi 5 août 2017

Fausses photos sur 20 Minutes à propos du vapoteur suisse arrêté en Thaïlande !?!? [MàJ]

Le quotidien gratuit 20 Minutes a publié hier deux photos montrant soi-disant l'arrestation du vapoteur suisse en Thaïlande le 26 juillet dernier, arrestation confirmée par le Département fédérale des affaires étrangères (DFAE) et les autorités thaïlandaises. Sauf que les photos, censées incriminer le vapoteur suisse, ont été publiées le 23 juillet par la presse thaïlandaise, soit trois jours avant son arrestation. Sur les photos, il s'agit en fait d'un jeune vendeur thaïlandais de 33 ans de Pattaya, dont la presse locale a diffusé le nom (mais on évitera ici de participer à ce genre de pratique). La première, où l'on voit un homme caché derrière une feuille blanche devant de nombreux produits de vapotage entouré de policiers thaïlandais, se trouve notamment sur le site de la chaîne locale AEC-TV illustrant l'article daté du 23 juillet, ainsi que sur l'article de Thai PBS le même jour. La seconde illustre la même information du 23 juillet mais sur le website de English Thai-PBS. On peut d'ailleurs reconnaître deux policiers présents sur les deux photos. Le vapoteur suisse a été arrêté le 26 juillet, soit trois jours après la première publication de ces photos. Ce n'est donc pas lui qui a été photographié.
Jeudi, les autorités suisses ont confirmé officiellement
l'arrestation le 26 juillet d'un vapoteur helvète en Thaïlande Source

Incrimination erronée

Malgré cela, le journal 20 Minutes affirme que "selon les photos diffusées par la police, l'homme détenait en effet un grand nombre d'appareils ainsi que des produits destinés à vapoter". Ces photos n'ont pourtant pas été diffusées par la police à cette occasion, comme le remarque un lecteur parlant le thaïlandais. "Après avoir entendu les news en Thaï, l'image ne correspond pas car c'est un thaïlandais de 33 ans vivant à Pattaya qui vendait du matériel de vape", précise t-il à juste titre. Malgré ce commentaire et en dépit d'un message de signalement de notre part demandant le retrait et la correction de cette fausse information, le site de 20 Minutes n'a ni réagi ni répondu [edit] a modifié les légendes des photos. En place des premiers textes soutenant la culpabilité du vapoteur suisse, les légendes ont été ré-écrites pour laisser penser que c'est la police thaïlandaise qui a communiqué la première photo, alors qu'elle est un screen-shot de la télé PBS (!), et que la seconde ne serait qu'une photo prétexte, alors qu'elle provient de la même affaire du 23 juillet que la première. [/edit] [Edit 6 août] 20 Minutes a finalement dépublié l'article, voir en fin de ce billet ;) [/]
Le vapoteur suisse risque cinq ans de prison

Les photos ont pourtant de toute évidence un caractère fortement préjudiciable. Elles tendent à incriminer l'accusé suisse d'avoir "importé des e-cigarettes" que le site souligne en titre. Le ressortissant suisse risque une peine jusqu'à cinq ans de prison et une amende pour possession d'un produit illicite, non-taxé et interdit d'importation. En outre, il suffit de lire les commentaires condamnant de manière définitive le vapoteur helvète pour comprendre l'impact sur les lecteurs de 20 Minutes de ces photos. Le Conseil Suisse de la presse jugera t-il qu'il y a faute grave en regard du code de déontologie journalistique ?

Les comparaisons de photo (avant la rétraction) :



edit 05/08/2017 à 12H30: modification de forme pour lever l'ambiguïté : l'arrestation du vapoteur suisse est un fait confirmé. C'est la validité des photos l'incriminant qui est en question ;)

Mise à Jour le 6 août 2017 à 16h30: Après m'avoir contacté, la rédaction romande de 20 Minutes a retiré l'article qui est tout de même resté trois jours en ligne.