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lundi 16 octobre 2017

Singapour: Devant son succès, les autorités veulent criminaliser l'usage de la vape

Les fumeurs singapouriens sont de plus en plus nombreux à arrêter de fumer avec le vapotage. Et ceci malgré que son importation, sa vente et sa distribution sont interdits dans le pays. Le Health Science Authority a recensé 15'000 infractions depuis 2014, contre 9'000 les trois ans précédents. Une augmentation de 70% soulignent les autorités rappelant aussi que ces délits peuvent entraîner une amende de 10'000$ (7'200 FS/6250€) et une peine jusqu'à six mois de prison. "Bien que la loi de Singapore interdit strictement la vente et le trafic de produits de vapotage, leur popularité grandit de jour en jour, et c'est la principale raison derrière l'augmentation du nombre de cas de trafic", explique le quotidien International Business Times (IBT). 

"Beaucoup de gens à Singapour pense que le vapotage est moins nocif que les cigarettes et ils considèrent ces vaporisateurs électroniques comme le meilleur moyen d'arrêter de fumer", poursuit l'International Business Times. En réponse à cette sortie croissante du tabagisme à l'aide du vapotage, un projet de loi visant à criminaliser directement les vapoteurs a été présenté au début du mois au parlement de Singapour. Elle prévoit de rendre illégal l'usage, l'achat et la possession des produits de vapotage, qui seraient punissables d'une amende de 2'000$ (1'440 FS /1'250€). "Cette loi protégerait les singapouriens des risques d'utiliser ces produits et va empêcher leur usage", explique un porte-parole de la Health Science Authority au journal local Straits Times

A l'appel de l'OMS

Ce projet de loi pour réprimer les fumeurs sortant du tabagisme à l'aide du vapotage semble directement s'inspirer de l'appel de la Dr Jagdish Kaur le mois dernier. La cadre du bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a exhorté les pays du sud-est asiatique à suivre l'exemple de la Corée du Nord et de la Thaïlande dans un article publié dans l'Indian Journal of Public Health: "Les pays de la région du Sud-Est asiatique doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire totalement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS) de manière approprié à leur droit national".


dimanche 15 octobre 2017

Le vapotage est un "outil phénoménal" pour les médecins généralistes britanniques

Harceler un fumeur pour le faire arrêter est contre-productif. "C'est négatif, peu importe comment vous le maquillez. C'est irritant et n'apporte aucune nouvelle info. Cela encourage le conflit et le déni", explique le Dr Alex Bobak. "Vous avez affaire à quelqu'un très probablement accro à ses cigarettes. Si vous imposez un point de vue adverse à un accro, le déni se déclenche et vous l'avez perdu", poursuit le médecin au Congrès annuel du Royal College of General Praticioners (RCGP) à Liverpool cette semaine. Le généraliste, basé dans la banlieue sud de Londres, est accompagné, dans cette session dédiée à la prévention du cancer, des Prs Richard Roope et Linda Bauld, tous deux du Cancer Research UK (CRUK). L'arrêt du tabagisme est une des approches les plus efficaces pour réduire le fardeau du cancer, selon les participants. 

Pour Richard Roope, les praticiens vont affronter une "tempête de cancers" avec le vieillissement de la population associé à la malbouffe et le tabagisme. Il y a désormais chaque jour, 1'000 cancers diagnostiqués au Royaume-Uni. D'où l'importance de se doter d'une approche efficace pour aider les fumeurs à quitter les cigarettes au lieu de les braquer. Le vapotage ouvre un "territoire passionnant" et "va jouer un énorme rôle pour l'arrêt tabagique à l'avenir", estime le Dr Roope. Avis partagé par la Pr Linda Bauld. "Le message crucial est que le vapotage est extrêmement plus sûr que le tabac. Mais les patients ne réalisent pleinement des bénéfices de santé que s'ils se convertissent au vapotage et arrêtent totalement de fumer", souligne la chercheuse de l'Université de Stirling.

"Nous devrions voir des résultats très encourageants pour arrêter de fumer. Lorsqu'ils sont utilisés au quotidien et avec de fortes concentrations de nicotine, ces produits peuvent aider les gens à sortir du tabagisme", indique Linda Bauld. Le Dr Alex Bobak ajoute que le vapotage est "une aide à l'arrêt phénoménale", tout simplement parce que les patients "l'aiment vraiment". Avant de conclure la session devant l'assistance de médecins: "Nous ne connaissons pas exactement les risques à long terme, bien qu'il est clair qu'ils seront probablement minimes. Mais nous connaissons les risques à court terme: ils sont similaires aux substituts nicotiniques et c'est très faible. Les fumeurs veulent pouvoir choisir et bon nombre veulent les utiliser. Laissons-les le faire"


Le Ministère de la santé de Nouvelle-Zélande prend une position forte en faveur du vapotage

"Les centres stop-tabac locaux doivent aider les fumeurs qui veulent arrêter de fumer à l'aide du vapotage". La prise de position sur le vapotage du Ministère de la Santé néo-zélandais est claire et forte. Elle concrétise un peu plus l'annonce faite en mars dernier par Nicky Wagner, la Ministre-adjointe, d'une réorientation de la stratégie pour viser une Nouvelle-Zélande sans fumée en 2015. "Le Ministère de la Santé croit que le vapotage a le potentiel de contribuer à l'objectif 'Smokefree 2025' et pourrait briser les inéquités de santé actuelles", explique le communiqué. Le Gouvernement s'est décidé à utiliser l'outil de la réduction des méfaits face à l'inefficacité de la stratégie purement coercitive anti-fumeurs pour les groupes sociaux défavorisés et qui a élargit le gouffre des inégalités sociales de santé.

Les autorités espèrent que le vapotage offre une aide bienvenue à ceux qui voudraient sortir du tabagisme parmi les 550'000 fumeurs kiwis, représentant 15% de la population. "Les fumeurs qui passent au vapotage sont fortement susceptibles de réduire leur risques de santé, ainsi que ceux qui les entourent", résume le Ministère sur la base des rapports scientifiques, avant de préciser que "le vapotage relâche dans l'air ambiant des taux négligeables de nicotine et de toxiques avec aucun risque de santé identifié pour l'entourage". Les autorités insistent néanmoins que le vapotage est destiné aux fumeurs uniquement. "Il n'y a aucune preuve au niveau international que le vapotage mine le déclin à long terme du tabagisme chez les adultes et les jeunes, et pourrait en fait plutôt contribuer à cette réduction", souligne le communiqué dans ses "messages clés".

De manière pratique, le Ministère insiste sur l'importance des bouchons de sécurité pour éviter l'ingestion de liquide par les enfants. "Lorsqu'il est utilisé comme prévu, le vapotage ne pose pas de risque d’empoisonnement par la nicotine aux usagers, mais les liquides doivent être dans des emballages résistants aux enfants. Le Ministère de la Santé est en train d'identifier les standards de sécurité pour les produits de vapotage en Nouvelle-Zélande. Dans l'attente, les vapoteurs doivent acheter leurs produits à des sources réputées telles que les vendeurs spécialisés"

Un groupe de travail d'experts sur les aspects techniques de la future réglementation des produits de vapotage a été constitué en juin par le Ministère de la Santé. Le Gouvernement néo-zélandais a annoncé en mars dernier la future légalisation du vapotage sous le statut de produits de consommation courante. Une catégorie résolument distincte des produits du tabac, ce qui ne fait pas les affaires de Philip Morris qui tente d'y introduire sa cigarette chauffée Iqos.


samedi 14 octobre 2017

Au Royaume-Uni, banaliser le tabagisme en y assimilant le vapotage ne passe pas

Au Royaume-Uni, on ne plaisante pas avec les messages de santé publique. Aldi, la chaîne allemande de supermarchés discount, vient de le vérifier. Ses magasins arboraient des panneaux erronés interdisant tabagisme et vapotage dans le même message. "Nous pouvons confirmer que toute la signalétique est en train d'être retirée et corrigée", informe Abigail Stefenson du Service consommateur d'Aldi, dans un mail ce vendredi. Cette décision vient en réponse à la protestation de citoyens contre cette signalétique trompeuse et légalement fausse. Les panneaux britanniques d'interdiction de fumer se doivent de comporter une référence à la loi, qui ne mentionne évidemment aucune interdiction de vapoter. Bien au contraire puisque la santé publique britannique invite la population à aider les fumeurs à arrêter de fumer, notamment à l'aide du vapotage.

L'assimilation des messages d'Aldi banalisait les cigarettes en les rapprochant d'un produit, sans tabac ni combustion, reconnu inoffensif envers autrui. Tromper le public en mêlant le tabagisme à son alternative de sortie n'est pas passé. L'initiative de contester ce panneautage erroné est venue de Brian Coe, avec un premier message sur twitter le 4 octobre, suivi d'échanges de mails entre divers personnes et la direction d'Aldi UK. Un dialogue fructueux puisque la chaîne a décidé de retirer et changer ses panneaux pour être en conformité avec les prescriptions britanniques. Qu'il n'y ait pas incompréhension sur le sujet: Aldi ne va pas autoriser de vapoter dans ses rayons et ce n'était pas la demande des citoyens. 

Nudging

Le mitage du message de prévention et la banalisation du tabagisme par l'effet d'assimilation du vapotage se voit heureusement éliminer par ce changement de signalétique. Comme le rappelle un article éclairant de Nathalie Dunant au Vaping Post, le Gouvernement britannique insiste sur la nécessité de "faire une distinction très claire entre fumer et vapoter". Avec moins de 16% de fumeurs suite à sa dégringolade suscitée par le vapotage depuis 2011, le Royaume-Uni fait figure de modèle sur cette question. Notamment grâce à une approche faisant place à l'incitation positive, inspirée de la théorie des Nudges de Richard Tahler,  et non uniquement répressive et haineuse.

Quelques-uns des tweets de cette petite histoire de santé publique citoyenne:

vendredi 13 octobre 2017

La Commission Européenne programme de soumettre les produits de vape au tracking le 20 mai 2024

La Commission Européenne (EC) veut tracer et traquer les produits du tabac. L'affaire est connue. Elle se négocie actuellement avant une adoption par l'Union Européenne (UE) que la Commission veut en décembre. L'avis de notification déposé par celle-ci, au nom de l'UE, à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) détaille l'agenda. "Les dispositions devraient s'appliquer à partir du 20 mai 2019 pour les cigarettes et produits du tabac à rouler et à partir du 20 mai 2024 pour tous les autres produits du tabac", précise le document au point 9. Or, même si objectivement le vapotage n'est pas un produit du tabac, l'UE l'a soumis à sa directive les concernant (TPD) en 2014. Si les choses restent en l'état, les produits de vapotage devraient souscrire au système imposé de suivi et traçage. Le projet à peine voilé de l'EC est de livrer ce marché faramineux à la Sicpa, une entreprise lausannoise.

Conséquences de l'assimilation au tabac

La catégorisation abusive d'un produit sans tabac ni fumée dans les produits du tabac est évidement objet de controverse. Aux demandes répétées de parlementaires européens d'une ré-évaluation de la vape sur une base scientifique, le Commissaire Vytenis Andriukaitis a opposé un refus catégorique. Pour le lituanien, qui dans une interview à Euractiv disait se réjouir de mener la vie dure au vapotage, il est hors de question d'en discuter avant 2021. Cette assimilation du produit, désormais le plus utilisé pour arrêter de fumer dans la plupart des pays européens, au tabagisme permet à la bureaucratie européenne d'interdire la divulgation d'information sur la réduction des méfaits. Mais pas seulement. 

L'EC envisage une taxation contre les vapoteurs, dans la ligne de celle des cigarettes. La consultation à ce propos, malgré les freins à la participation mis en place par l'EC, a montré que 89,88% des participants étaient totalement opposés à une telle mesure punitive. Cependant, l'adoption d'un système de surveillance électronique des produits a entre autres objectifs de réprimer les infractions aux taxes du commerce illicite...

La traque

La proposition de la Commission, présentée le 15 mai dernier, sur le tracking indépendant des produits soumis à la TPD prévoit l'apposition d'un marquage fiscal inamovible comportant des éléments de sécurité visibles et invisibles. La firme vaudoise Sicpa maîtrise une solution offrant une combinaison matérielle et numérique délivrant un code d'identification unique. "Ce code est apposé, collecté et enregistré dans une base de données centrale et mis à disposition des autorités publiques, le tout sous contrôle de l'Etat et non des producteurs, incluant les informations de production", explique Christine Macqueen, directrice des affaires publiques du groupe Sicpa au journal l'Agefi en mai 2016.

"Selon la proposition [de l'EC], chaque opérateur de la chaîne d'approvisionnement doit obtenir des pré-autorisations pour chaque étape de la production et de la distribution."Une architecture aussi complexe n'a jamais été testée dans le monde réel", commentent les distributeurs, tout en ajoutant que les petits acteurs du secteur seront durement touchés", rapporte le site Euractiv dans un article du 20 juin. Pour un porte-parole de l'EC, les coûts de mise en place du système seront "largement compensés par les bénéfices en termes de réduction du commerce illicite".  

On a du mal à voir en quoi l'argument concerne les produits de vapotage s'ils venaient à être maintenus dans les produits du tabac à l'horizon 2024. Pourtant, "l'objectif de la directive [est] de créer un système indépendant de suivi pour tous les produits du tabac en tenant compte des obligations internationales, notamment de l'article 8 du protocole FCTC [acronyme de la Convention anti-tabac de l'OMS] sur le commerce illicite", poursuit le même responsable européen anonyme au site Euractiv. 

Efficace contre le marché noir de cigarettes ?

Actuellement, les négociations se déroulent à la fois en coulisses et de manière plus ouverte lors de la consultation close le 2 octobre. Outre l'accusation des acteurs de la distribution de générer une immense usine à gaz disproportionnée, son efficacité à enrayer le commerce illicite est mise en doute. Le système fermé d'identification des produits fermerait la porte à une interopérabilité avec les pays hors de l'UE. "C'est pourtant important puisque 86% des cigarettes illégales proviennent de pays tiers, comme la Biélorussie, l'Ukraine et la Turquie. Ces produits continueront d'entrer sur le marché européen malgré le radar du système de suivi", estime un représentant de l'industrie cigarettière à Euractiv.

Du coté des partisans du système Sicpa, on accuse les cigarettiers d'organiser le trafic actuel. "D'après l'OMS et les associations anti-tabac, les cigarettes qui alimentent ce commerce parallèle sont de vraies cigarettes [sic!], fabriquées et commercialisées par les cigarettiers eux-mêmes", insiste C. Macqueen de l'entreprise vaudoise. Françoise Grossetête, députée européenne de droite, pense qu'il faut se méfier des critiques. "Des preuves existent selon lesquelles des tierces parties, qui paraissaient à première vue 'indépendantes', étaient liées ou influencées à un certain niveau par l'industrie du tabac", déclare t-elle dans un autre article d'Euractiv sur le sujet. Sans préciser si cela inclue l'influence sur des Etats, comme la Lituanie, des investissements de cigarettiers dans leur économie, ou encore d'organisations dirigées par des ressortissants de nation productrice de tabac brut.

Lobbytomie générale

Le débat se trouve donc présenté comme emprisonné entre les intérêts des cigarettiers, dont la probité est passablement fumeuse, et ceux de la firme Sicpa. Une entreprise aux mœurs assez étranges, tant au niveau privé de ses propriétaires milliardaires comme le conte le Temps en février dernier, que sur le plan des affaires, tel que le rapporte Mediapart dans le cadre des Malta Files. Le dossier du tracking des produits soumis à la TPD pèse lourd pour la Sicpa, à la fois par le marché européen lui-même mais aussi par l'effet d'entrainement qu'il pourrait imposer aux autres pays. L'entreprise spécialiste des encres pour billets de banques a mis les moyens. 

Engagement de lobbyistes pointus en provenance des firmes cigarettières, comme Yves Trevilly ancien de BAT, approches de personnes influentes, comme Dominique Strauss-Kahn, mise en place d'association faux-nez par Pauline Delpech... Sicpa sort le grand jeu. Avant même les grandes manœuvres actuelles, 80 de ceux qui étaient alors députés français ont mené une guérilla pendant 4 ans pour la firme Suisse, selon Mathieu Pechberty sur BFM

Que fout la vape là-dedans?

Entre les deux armadas de lobbyistes, les intérêts et les spécificités du vapotage ont-ils été pris en compte, alors que la Commission Européenne a déjà programmé son assimilation au système de surveillance ? Comment ce marquage physique et numérique se concrétiserait-il de la box à la résistance, en passant par la fiole de liquide, la fibre ou le fil des coils reconstructibles, le drip-tip ou les accus, etc. ? Quelle justification aux surcoûts financiers et de temps pour les petites entreprises et artisans de la vape d'un système calibré pour le mode de production de Big Tabacco ? Des questions sans réponse pour le moment... à suivre.


jeudi 12 octobre 2017

[Pouët] Au #ForumSanté Libération, Agnès Buzyn bloque les questions qui dérangent

Ce qui est bien dans l'entre-soi, c'est qu'on n'est jamais dérangé. Invitée hier soir au Forum Santé organisé par le quotidien Libération, Agnès Buzyn ne goûte pas les questions dérangeantes. Depuis sa prise de fonction, la Ministre de la santé négocie avec les buralistes et le Ministère du budget un agenda de hausses des cigarettes suffisamment progressif pour ne pas ébranler ce marché. Dans le même temps, elle snobe les associations sur le terrain de la réduction des méfaits à l'aide du vapotage. La Ministre a simplement méprisée une demande d'entrevue envoyée conjointement en juillet par l'Aiduce, association des usagers du vapotage, et Sovape, association favorisant le dialogue entre les différents acteurs sur cette question aux multiples aspects. 

Alors lorsque sur le fil de son compte twitter apparaît hier des questions sur le sujet, la Ministre, ou plus probablement son spin doctor, a simplement actionné la fonction blocage des importuns. Ainsi les tweets gênants ont disparu de son fil. Pourtant quelques minutes auparavant, la Ministre insiste sur l'importance d'être à l'écoute des usagers du système de santé.
Mais le ressenti d'usagers sur son étrange démarche de politique de santé concernant le tabagisme ne semble pas devoir être mieux intégré. Au moins lorsque celui-ci surgit à la manière d'un troll, cette attitude un peu désespérée face au mépris des tenants d'un débat pour tenter de faire valoir une thématique passée sous silence par l'élite communicante. Les penseurs de l'entre-soi détestent.
Les choses se précipitent et s'aggravent. Le premier troll hirsute (moi-même, si vous n'avez pas saisi ;) ) se voit relancé par une vapoteuse soulignant que la question concerne aussi des femmes.

Aux deux effrontés osant faire surgir une question concernant potentiellement 16 millions de français, dont la majorité de couches populaires, dans une discussion bornée aux mœurs de la caste mandarinale, la réponse est: rien. Le blocage. Pour l'une et l'autre (je ne sais pas dans quel ordre, mais à peu de temps près).



Levons le suspens éventé du "débat". La Ministre trouve évidemment qu'il faut faire des efforts mais que tout ne va pas si mal sur la question de la place des femmes dans les élites médicales.

Pour ce qui est du débat interdit concernant la place de la population dans la santé publique, son message implicite est plus claire. Les lobbys passent avant. Au moins en ce qui concerne le tabagisme et la pléthore de maladies engendrées pour le bonheur des vendeurs de médicaments.

A six mois de l'annonce d'un nouveau Plan national de réduction du tabagisme (PNRT), pour remplacer la fumisterie précédente de Marisol Touraine, on peut honnêtement douter que quoi que ce soit ne change au royaume de France. Les bleus n'ont pas décroché le titre de vice-champions d'Europe du tabagisme par hasard. C'est là, un art consommé et parfaitement maîtrisé de la caste dirigeante sur le sujet. Evidemment, il ne faudrait pas mettre "tout le monde dans le même sac". Mais Agnès Buzyn prend visiblement ses dispositions pour surtout ne pas en sortir de ce sac de l'entre-soi des mêmes.


samedi 7 octobre 2017

Étrange communiqué de l'AP-HP sur son abandon de soins aux malades de Parkinson

L'Assistance Publique et Hôpitaux de Paris (AP-HP) se murait dans le silence sur ce dossier. Alors que nous les avions sollicité pour un article sur la rupture de soin des centaines de patients atteints de Parkinson traités jusque-là aux patchs de nicotine, nous n'avions reçu aucune réponse. Des articles de la presse hexagonale, notamment dans le Parisien et Paris-Match, semblent avoir eu plus d'effets. Hier, le service de presse de l'AP-HP a brisé le silence en faisant le "point sur l'arrêt de la consultation du Dr Gabriel Villafane au sein du service de neurologie de l'hôpital Henri Mondor AP-HP".

Continuité des soins sans le soignant !

Ce communiqué de presse prétend qu'il "a été proposé à chacun des patients un rendez-vous (...) afin d'assurer la continuité des soins". Une affirmation de l'AP-HP douteuse au vu des multiples témoignages de malades laissés sans nouvelle depuis des mois. Outre un témoignage d'un breton paru dans le Télégramme début septembre, plus d'un millier de personnes ont signé en deux semaines une pétition pour soutenir le droit à ces soins aux patchs de nicotine pour les malades de Parkinson, lancée par l'association A2N. Les doutes se voient exacerbés par le fait qu'en virant le Dr Gabriel Villafane, l'hôpital Mondor se prive du seul spécialiste de cette approche. Comment la continuité de ces soins pourraient être assurée dans ces conditions?

Mon mail, resté sans réponse, à Martin Hirsch, directeur de l'AP-HP, et à son Service presse. Avec des fautes :shamed:
L'AP-HP justifie son choix de mettre un terme à la consultation du Dr Villafane "en raison de pratiques professionnelles non conformes aux bonnes pratiques médicales et particulièrement contestables". Les accusations ont le fumet d'un dossier prud'homal en préparation. Le Parisien donnait une version sensiblement différente que le communiqué du service de presse de l'AP-HP: "Le 26 juin, une lettre de licenciement est adressée au docteur Villafane pour "positionnement professionnel inadapté au sein du service", avec comme mention "prescription de nicotine non réglementaire notamment" "

Une mention étrange alors que le Dr Benoît Vallet, directeur de la Direction Générale de la Santé (DGS), a lui-même autorisé le Dr Villafane à prescrire des patchs à la nicotine. De manière aussi étrange, le communiqué de l''AP-HP reproche au Dr Villafane des problèmes dans "la conformité de la conduite de l'essai clinique NICOPARK-2", dont les résultats viennent pourtant d'être acceptés pour publication dans l'European Journal Of Neurology. Étonnante réaction pour des essais que les autorités sanitaires françaises ont laissé se dérouler pendant des années. Le point reste pour le moins trouble dans la communication de l'AP-HP.

Au royaume des aveugles

Selon nos informations, des problèmes de conformité du compte-rendu de la recherche proviendraient d'autre part. L'élément essentiel présenté pour "conclure à l'inefficacité de l'administration transdermique de nicotine sur les symptômes moteurs de patients atteints de maladie de Parkinson", tel que le résume l'AP-HP, est une évaluation par cinq experts qui auraient dû être indépendants. "En aveugle" pour le dire autrement. Sauf que trois d'entre eux n'étaient pas du tout indépendants ni "en aveugle", dont le Dr Philippe Rémy, directeur du Centre Parkinson de l'hôpital Mondor. Ce qui pose question sur l'objectivité de la principale conclusion.


L'amélioration de la qualité de vie des patients compte t-elle?

Un autre point est passé sous silence par l'AP-HP à propos de cette recherche. "L'amélioration des résultats secondaires 'non aveuglés' (UPDRS-II, UPDRS-IV, doses d'équivalent L-dopa) suggère un avantage potentiel pour les patients traités par la nicotine", résume de manière sibylline le papier pour l'European Journal of Neurology. En clair, l'étude sur une quarantaine de malades de Parkinson montre une amélioration de la qualité de vie et une diminution des doses prises de L-Dopamine, aux effets secondaires pénibles, pour ceux traités à la nicotine. "L'amélioration de la qualité de vie est une des priorités du Plan des maladies neurodégénératives. Les parkinsonniens sous nicotine ont besoin de moins de médicaments, c'est un fait. Est-ce que cela dérange les labos?", s'interroge Corinne, une patiente, dans Paris-Match.

Incapacité de l'AP-HP à régler ses problèmes internes

L'ombre portée par les soins avec des patchs de nicotine aux ventes de L-dopa ou aux autres recherches de traitements par électro-chocs ou thérapies géniques est-elle en cause? Selon le communiqué de l'AP-HP, c'est l'échec du dialogue avec le thérapeute qui précipiterait la fin des soins compassionnels. "Après plusieurs mois de discussions avec le Dr Gabriel Villafane qui n'ont pas abouti, il a été décidé de mettre fin à sa vacation au sein du service de neurologie de l'hôpital Henri-Mondor AP-HP". Une vacation qui avait déjà été réduite de trois demi-journées à une seule en juin 2016, comme nous le révélions le mois dernier

Les patients doivent-ils pâtir des problèmes internes que la direction de l'AP-HP se montre incapable de résoudre? Pourtant, "la nicotine me permet d'oublier que je suis malade de Parkinson", nous expliquait cet été Corinne, patiente du Dr Villafane. De manière assourdissante, pour le moment aucune organisation faîtière de défense des patients n'a réagi à cette situation scandaleuse. Un reflet de l'état de la "démocratie sanitaire" française que Thomas Dietrich résumait, dans un interview pour l'Humanité après sa démission du poste de Secrétaire général de la Conférence nationale de santé (CNS) début 2016: "De manière générale, j'ai vu qu'il n'y a aucune volonté de prendre en compte la parole des usagers".

De leur coté, des usagers de nicotine pour soigner leur parkinson viennent de mettre en ligne un petit film, au ton décalé, pour faire connaitre leur situation absurde et dramatique. Leur parole sera t-elle entendue ?




jeudi 5 octobre 2017

[Ristrett'] Pr Brenneisen: "En inhalant la vapeur de cannabis, les poumons subissent moins de méfaits qu'avec la fumée"

Calmant un peu la frénésie autour du cannabis légal, le Pr Rudolf Brenneisen ne rejette pour autant pas tout intérêt thérapeutique des cannabinoïdes dans l'interview livré ce jour à la Basler Zeitung (BaZ). "Il y a un écart énorme entre les connaissances scientifiques et la diffusion du cannabis riche en cannabidiol (CBD)", souligne le Directeur de la Task Force Suisse sur les Cannabinoïdes en Médecine (STCM). Même si le CBD n'a pas d'effets psychotrope et ne provoque pas d'ivresse, le spécialiste reconnu mondialement estime que la substance est fortement active. "Le cannabidiol est un composant du cannabis pharmacologiquement très actif dont le potentiel thérapeutique ainsi que l'éventuelle toxicité à long terme sont au niveau clinique insuffisamment connus", insiste le professeur émérite de pharmacie.

En l'état des connaissances, des essais cliniques indiquent des résultats très prometteurs du CBD pour le traitement de l'épilepsie sévère et de la psychose, tandis que d'autres sont positifs en cas de troubles du sommeil, de maladies inflammatoires chroniques et de céphalées, liste le spécialiste. "Le potentiel thérapeutique est souvent surestimé en présentant le CBD comme une recette miracle", tempère t-il. Paradoxalement, le Δ-9-tétrahydrocannabinol (THC), le cannabinoïde connu pour son effet psychotrope, bénéficie de plus d'études. "Les avantages médicaux du THC sont mieux documentés, concernant les spasmes musculaires, les douleurs chroniques, les nausées, le syndrome de Tourette, la migraine et la perte d’appétit", indique Rudolph Brenneisen. 

Dans l'ensemble le manque de ressources pour des recherches vient du fait que "Big Pharma n'est pas intéressée, car le CBD n'est pas brevetable". Cependant, le fondateur de la STCM convient que le grand nombre de témoignages directs d'usagers est une donnée importante "à ne pas prendre de haut avec arrogance par les scientifiques et les médecins". Ces témoignages nourrissent l'engouement pour le cannabis légal, riche en CBD et à moins de 1% de THC, propulsé depuis quelques mois sur le marché Suisse. 

Pour les malades qui essaieront le produit, le spécialiste délivre quelques conseils. "Si du cannabis de qualité médical n'est pas accessible, je conseille de choisir des fournisseurs reconnus pour leur sérieux. Ensuite, il faut commencer par de faibles doses pour déterminer par tâtonnement le dosage efficace", explique le pharmacien. Dernier point, mais pas le moins important, il insiste sur le mode de consommation en évitant de le fumer avec du tabac. "Je recommande le vapotage d'e-liquide au CBD, d'utiliser l'herbe avec des vaporisateurs, ou encore en préparation à ingérer. En inhalant la vapeur, les poumons subissent moins de méfaits qu'avec la fumée".

lundi 2 octobre 2017

France: Le Dr Lowenstein abasourdi que la Ministre A. Buzyn n'ait pas encore reçu les associations de vapoteurs

"Je souhaite qu'Agnès Buzyn, notre Ministre de la santé, ne reçoive pas seulement les buralistes, mais aussi les différentes associations de vapoteurs. Actuellement, c'est la principale révolution dans le domaine. Plus de vies ont été sauvées par le vapotage que par toutes les méthodes qui ont existé jusque-là". C'était la seconde fois durant son entretien dans l'émission M comme Maïtena sur RMC. Cette après-midi, le Dr William Lowenstein a fortement insisté sur son incompréhension de l'attitude de la Ministre. Le Président de SOS Addiction, atterré du sinistre sanitaire à grande échelle du tabagisme, ne comprend pas le dédain de la Ministre à l'encontre des associations de vapoteurs. Les associations Aiduce et Sovape révélaient le mois dernier que leur demande d'entrevue n'avait pas reçu même une réponse polie. Depuis la Ministre n'a toujours pas réagi. Paralysée sur place. Alors qu'elle s'était empressée de rencontrer les vendeurs de cigarettes dés sa prise de pouvoir.

Choquant mépris ministériel

A l'opposé du mépris ministérielle, le Dr Lowenstein souligne l'importance des acteurs de la réduction des méfaits par la vape, participants en première ligne sur le terrain. "Promouvoir le levier incroyable de la sortie du tabac par le vapotage.(...) Je suis ravi que notre nouvelle Ministre, qui est un médecin remarquable, ait reçu les buralistes. Mais par contre qu'elle n'ait toujours pas reçu les associations de vapoteurs, qui sont en train de sauver des centaines de milliers de vies, me choque en tant que médecin", souligne t-il (à 14') .  Pourtant, arrêter de fumer, "c'est atrocement difficile", en convient Maïtena Biraben, la présentatrice et ancienne fumeuse.

Le désastre sanitaire du tabagisme et son cortège de malades et de cadavres doit enfin être pris au sérieux par les autorités. "Cela demande autre chose que des rendez-vous à six mois, une petite trousse dans le kit du Mois sans tabac avec trois dessins à colorier. Il faut que cela devienne vraiment une priorité sanitaire et plus seulement la priorité des caisses de Bercy [le Ministère du budget]", se lâche l'addictologue. Le Pr Bertrand Dautzenberg, arrivé en cours d'émission, adoube le vapotage pour arrêter de fumer. "Pour un fumeur qui passe à la vape et quitte la cigarette, c'est infiniment, infiniment, moins dangereux. Il faut encourager tous les fumeurs à quitter le tabac par la porte, par la fenêtre, avec les moyens officiels et avec le vapotage", insiste le Secrétaire général de l'Alliance contre le tabac.

De la nicotine dans les aubergines

Cependant, encore convalescent peut-être, le tabacologue de l'Hôpital de la Salpétrière bloque toujours sur le mythologique vapotage passif. "On peut retrouver de la nicotine dans les urines [dans l'entourage des vapoteurs]. Alors, pas beaucoup, pas à forte doses, de manière infiniment moins toxique que le tabagisme passif, mais il y a un petit quelque chose", souligne le Pr Dautzenberg. "La nicotine on s'en fout. La nicotine n'est pas le problème. Le problème ce sont les milliers de toxiques des cigarettes", le reprend un peu plus tard le Dr Lowenstein, ancien pneumologue. "Oui de la nicotine, il y en a même dans les aubergines", glisse Maïtena. "C'est pour cela qu'il faut sortir du déni hypocrite contre le vapotage et le soutenir à fond", insiste encore le Dr Lowenstein.

L'émission a laissé place à d'autres interventions, notamment sur le plateau de Jean-Luc Renaud, représentant de la Fédération des buralistes, ainsi que d'auditeurs. Certains témoignant de leur arrêt du tabagisme avec le vapotage, dont un intéressant exemple d'usage de la vape en "roue de secours" pour éviter la rechute. Vous pouvez retrouvez l'émission en intégralité en podcast à  http://podcast.rmc.fr/channel295/20171002_mcommemaitena_0.mp3


[Ristrett'] Un artisan de cannabis à risque réduit arrêté en Italie

Trahis par la grande qualité de son produit. Le cannabis produit dans la région d'Ancona (Italie) par un espagnol de 55 ans avait gagnée une solide réputation dans les alentours. Les plants de ce cultivateur permettaient de ne pas y adjoindre de tabac, mais également d'en extraire un concentré pour en faire des liquides de vapotage. "Il a réussi a sélectionner une variété très particulière de marijuana biologique de haute qualité et de la mettre sur le marché pour le vapotage", explique le site Sigmagazine. Alerté par la déposition d'un usager, la police locale a tracé l'artisan et saisi le 27 septembre ses 16 pieds d'herbe, une récolte d'une centaine de kilos et des concentrés à vapoter. Selon un journal local, un usager témoigne que "l'herbe de la "plantation" était vraiment un super produit".

Le cultivateur, retenu en détention préventive, aurait déclaré aux policiers mener des recherches afin de pouvoir consommer le cannabis sans tabac, selon Ancona Today. De plus en plus utilisé pour ses différentes vertus thérapeutiques, comme le détaille un documentaire d'Arte en replay actuellement, le cannabis (avec THC) reste un produit illégal dans un grand nombre de pays. Une situation qui pousse des patients, dont certains atteints d'affections graves, et des usagers à la recherche de moyens de décompresser à s'approvisionner sur le marché noir. Des produits de qualité très différentes s'y côtoient. Outre la perte de contrôle de la qualité des produits, la répression inhibe chez les usagers le recours aux modes de consommation à méfaits réduits, tels que la vaporisation ou le vapotage. 


Avec des ustensiles plus simples à dissimuler, fumer est le mode le plus employé, par environ 90% des usagers, en Suisse et en France. Ceci en dépit de l'inhalation de monoxyde carbone (CO), de goudrons et de toxiques produits par la combustion du végétal. "Fumer n'importe quoi est nocif pour vos poumons. La combustion change les propriétés d'une substance et forme généralement des composés toxiques et cancérigènes", expliquent Ian Hamilton, de l'Université de York (UK), et le Dr Adam Winstock, directeur du Global Drug Survey, dans The Conversation. Des problèmes pulmonaires notamment peuvent survenir en cas de forte consommation sur longue durée. 

Le vapotage ou la vaporisation, que ce soit pour du cannabis light en THC * ou non, peuvent grandement les éviter, comme le préconise le Global Drug Survey. Des produits de vapotage au CBD et avec THC  sont déjà commercialisés dans les Etats libéraux aux Etats-Unis. En Europe, et même en Suisse malgré un certain trouble des autorités sur la question, des produits de vapotage au CBD, avec une très faible présence de THC se trouvent dans les commerces éclairés.

* Le THC est le cannabinoïde psychotrope, qui donne un effet d'ivresse, du cannabis. Les nombreux autres cannabinoïdes, dont le CBD, sont psychoactifs (comme le café ou la nicotine par exemple), mais non-psychotropes. Voir les Factsheets du Groupe Romand d'Etudes sur les Addictions (GREA) pour un résumé calme et posé des connaissances sur le sujet.

dimanche 1 octobre 2017

France: Où a t-on le droit de vapoter dés ce 1er octobre ?

L’illettrisme est un sérieux problème. Et visiblement, l'incapacité de saisir le sens d'un texte aussi court que le décret concernant le vapotage dans les lieux collectifs frappe massivement la profession de journaliste, du moins en France. Les choses sont pourtant relativement simples. Il est autorisé de vapoter dans les lieux accueillant du public, tels que les bars, les magasins, les halls d’accueil du public (justement), etc. Les espaces sans poste de travail, tels que la salle de repos, le coin machine à café, les couloirs sont également libres. Il est aussi autorisé de vapoter dans les locaux de travail individuels, tels qu'un bureau. "Si vous vapotez au bureau, soyez courtois et adaptez vos comportements au contexte", conseille judicieusement le site Vaping Post. Cette liberté peut être levée par le règlement intérieur de l'établissement, à condition d'avoir des justifications sérieuses et proportionnées. "La discrimination n'est pas autorisée dans les lieux publics", rappelle un aide-mémoire précis de l'association des usagers Aiduce. L'absence d'impact sanitaire du vapotage pour des tiers étant un élément dont le Conseil d'Etat a jugé fondamental de tenir compte pour ce sujet. 

Autrement dit, il n'existe pas de vapotage passif au sens du tabagisme passif qui impacte la santé de l'entourage. A ce titre, forcer les vapoteurs à aller dans des lieux fumeurs serait évidemment une mise en danger et une violation des règles de sécurité au travail. Une perte de confort dans la durée, par exemple, peut cependant justifier dans certaines circonstances une restriction des libertés individuelles des vapoteurs. C'est ce que l'administration française a estimé pour interdire le vapotage dans les locaux de travail collectifs, tels qu'ateliers collectifs, salles de réunion ou open-spaces. La même justification est utilisée par les transports en commun pour interdire de vapoter, par exemple dans les trains mais évidemment pas sur les quais. Par contre, il est totalement interdit de vapoter dans les lieux destinés principalement à l'accueil de mineurs, comme une école. En cas d'infraction, une amende jusqu'à 150€ au maximum peut sanctionner l'usager.

Jacques Le Houezec, tabacologue et spécialiste de la réduction des méfaits, attire l'attention aussi sur un point qui sera probablement sujet à procès sous peu. "Il n'existe aucune signalétique d'interdiction officielle, tout panneau apposé sera hors-la-loi", rappelle le Président de l'association Sovape, bon connaisseur de la loi Evin. Celle-ci protège en effet la spécificité de sa prévention anti-tabac d'amalgames fumeux qui tendraient à banaliser le tabagisme. Sur internet, des sites commerciaux malveillants ont mis en vente de faux panneaux d'interdiction de vapoter, qui en plus du coût ridiculement cher de ceux-ci, pourraient entraîner des entreprises les apposant à des poursuites. Cependant les entreprises doivent informer sur les lieux interdits au vapotage, mais évidemment sans jouer sur la signalétique dédiée au serial-killer qu'est le tabagisme. Une indication, par exemple par un texte en encadré ajouté au règlement intérieur affiché à l'entrée du bâtiment, suffit. Le point sensible étant qu'elle ne doit pas créer de confusion entre vapotage et tabagisme.

Ze debunking info de Télémachin, marrant et instructif ;) :

[Stoptober] Les pompiers s'engagent pour la vape

"La Brigade du Feu de Londres salue l'initiative du Public Health England de soutenir le vapotage comme un moyen fondamental d'aide aux fumeurs pour cesser de fumer et réduire le nombre de décès liés aux incendies causés par le tabagisme". A contre-courant de la surmédiatisation de quelques incidents liés au vapotage accompagnée du silence sur ceux liés aux cigarettes, les pompiers londoniens rappellent la très forte réduction des risques d'incendies de la conversion au vapotage des fumeurs. "Étonnamment, nos statistiques montrent que sur les trois dernières années il y a eut plus de 3580 incendies liés au tabagisme contre seulement 15 liés au vapotage", constate Dan Daly, Commissaire à la sécurité de la Brigade du Feu. Bien qu'il y ait environ quatre fois plus de fumeurs que de vapoteurs londoniens, le ratio de 255 fois plus d'accidents dus aux cigarettes ne laisse pas place au doute. "Le vapotage est une option beaucoup plus sûre pour prévenir les incendies que de fumer", précise le communiqué des pompiers.

Non seulement les accidents sont plus nombreux avec le tabagisme mais ils sont également particulièrement meurtrier ou invalidant. "Selon nos derniers chiffres, le tabagisme est à l'origine de la moitié des décès dans des incendies de maison, alors que les cigarettes ne représentent que 9% des feux accidentels", souligne la Brigade du feu. Les endormissements en fumant sont probablement une des raisons de ce bilan tragique. En contraste, le vapotage provoque à la fois extrêmement moins d'accidents et de moindre gravité

"La Brigade n'a recensé aucun mort ni de blessure grave causé par des appareils de vapotage prenant feu. Toutefois, rappelons aux usagers que le risque est toujours présent. Il ne faut pas laisser les appareils en charge lorsqu'on est absent ou en train de dormir et il faut utiliser le chargeur approprié à l'appareil", précise Dan Daly. Ajoutons la nécessité absolue d'utiliser des protections isolantes pour les accus hors des appareils, pour éviter des court-circuits pouvant se révéler très dangereux. D'autres conseils plus précis se trouvent sur une page du Vaping Post, sur vaping.fr ou encore sur ce document de Pascal Macarty.

"Nos équipes ont assisté à de nombreux incendies causés par des cigarettes. Il est clair qu'arrêter de fumer n'est pas simplement bon pour votre santé, mais il peut aussi vous sauver d'un incendie dévastateur chez vous", insiste Dan Daly. De son côté la Dr Yvonne Doyle, directrice de l'antenne londonienne du Public Health England, appuie: "Le vapotage est à présent le moyen le plus populaire d'arrêter de fumer au Royaume-Uni. Plus de la moitié des participants à Stoptober l'an passé ont opté pour la vape. Vapoter est extrêmement moins nocif que de fumer". Et d'inviter les fumeurs londoniens à rejoindre l'opération Stoptober qui débute aujourd'hui pour tout le mois d'octobre.




samedi 30 septembre 2017

[urologie passive] De quoi souffre le Professeur Dautzenberg ?

Urines vertes ou jaunes, présence de cotinine et angoisse persistante. Les symptômes affichés par le Pr. Bertrand Dautzenberg sur les plateaux de BFM puis de RMC (vidéos plus bas) ne manquent pas de surprendre. Qu'est-ce qui a pu provoquer de tels troubles chez le médiatique pneumologue français? Est-ce grave? Mais de quoi souffre vraiment le tabacologue officiant à l'hôpital de la Salpêtrière? 

Anamnèse

Lors de son échange avec Jean-Jacques Bourdin, le sympathique professeur raconte recevoir des vapoteurs qui parfois "tirent" quelques lattes sur leur appareil dans son bureau. Peut-être pris de fièvre, le tabacologue précise pourtant que la direction de l'Assistance Publique et Hôpitaux de Paris (AP-HP), où il officie, a interdit depuis le mois de mars le vapotage en son sein. Qui est le fautif dans cette situation? Du patient arrêtant de fumer, du docteur le laissant vapoter dans son cabinet, ou des autorités hospitalières n'ayant pas mis le holà à cette pratique délictueuse, son récit emmêlé ne le désigne pas. "L'AP-HP dans sa sagesse a inscrit dans son règlement intérieur que l'on ne peut pas vapoter dans les espaces collectifs, mais un soignant peut vapoter dans son bureau", tente d'expliquer le docteur sans faire la lumière de ce qu'il en adviendra finalement pour ses patients.

Asparagusite

Ce vapotage dans son cabinet, mais pas aux toilettes, est-il à l'origine du mal qui semble posséder le pneumologue? Très troublant, si ce n'est troublé, il énumère les couleurs de ses urines la veille sur BFM. "Moi, si le vapotage me donne des urines vertes ou jaunes, on peut me dire que ce n'est pas toxique, je ne suis pas content", s'offusque t-il (à 3'45''). Après recherches, si aucun cas de ce type n'est rapporté chez des vapoteurs ni dans leur entourage, des urines vertes ont été fréquemment constatées chez des sujets après ingestion en quantité d'asperges. La source du syndrome dautzenbergien pourrait bien être l'acide asparagusique, qui une fois digéré se dégrade en composés organiques souffrés.

Le Pr Andy Brunning, chimiste de l'Université de Cambridge, explique que le désagrément ne toucherait que 43% des amateurs d'asperge dans son oeuvre "Pourquoi l'asperge donne t-elle une odeur au pipi?". En ce qui concerne l'alternance flavescente du pipi du Pr Dautzenberg, de nombreux témoignages semblent corroborer que c'est là sa couleur normale. Peut-être un léger manque d'hydratation a t-il fait foncer le secrétât de l'urètre professoral? Boire un peu plus d'eau doit suffire à allonger le liquide doré.

Tomatage passif

Reste évidemment cette interrogation inquiète de la présence de cotinine dans la lansquine du docteur. Les doses relevées par plusieurs études sur des personnes en présence de vapoteurs, y compris leur compagnon ou compagne, montrent des taux similaires à ceux de personnes ayant mangé un des nombreux légumes naturellement nicotinés. Avaler quelques centaines de grammes de tomate, aubergine, patate, choux-fleur, carotte, poivron, etc délivre autant de nicotine que de respirer une demie-journée enfermé en compagnie d'un vapoteur. "Les partenaires de vapoteur.es ont en moyenne des concentrations de cotinine [ndr. métabolite de la nicotine] de 0.19ng/ml de salive et 1.75ng/ml dans l'urine, ce qui est environ 1'000 fois moins que les concentrations chez les fumeurs et se situe au niveau du taux de cotinine généré en mangeant une tomate", souligne à ce sujet le rapport du Public Health England en 2015.

Au vu de la brièveté des bouffées de ses patients vapoteurs, il semble plus probable que les métabolites de nicotine dans l'urine du Pr Dautzenberg proviennent de son alimentation. "La nicotine à ces doses là, mesurées chez l'entourage des vapoteurs, ne présente strictement aucun danger", tente de raisonner Claude Bamberger, de l'association Aiduce, sur le plateau de BFM. Le professeur n'a pas paru calmé par cette tentative de le faire revenir à une raison que le Conseil d'Etat français avait reconnu valide en 2013. C'est pourtant aussi la conclusion de trois rapports scientifiques du Public Health England en 2015, du Royal College of Physicians (UK) en 2016 et de l'Université de Victoria (Canada) en 2017. Depuis, deux enquêtes in vivo confirment. L'Université de San Diego dans 242 logements et le NIOSH du CDC américain dans un magasin de vapotage n'ont relevé aucune pollution intérieure inquiétante liée au vapotage.

Peut-être pour calmer le sujet pouvons-nous lui suggérer, sans donner crédit à son délire, d'éviter les plats comme les pizzas, la moussaka, le gratin dauphinois, etc., qui contiennent en masse des solanacées. Cela sera t-il suffisant? Difficile à dire, le propre de l'irrationalité étant de pouvoir se contredire sans sourciller. C'est ainsi que le professeur reconnait à un autre moment que "la nicotine est très très peu toxique". Le "danger est la fumée de cigarette", précise t-il. Le professeur convient d'ailleurs que la cohabitation entre vapoteurs et le reste de la population française "jusqu'ici se passait pas trop mal"

Subnormalisation

Ne dégageant pas de monoxyde de carbone, pas de particules fines solides, sans que l'on puisse distinguer si le compagnon ou la compagne d'un vapoteur a respiré la nicotine dégagée ou échangé ses fluides salivaires chargée de cotinine alimentaire dans des pratiques buccales très françaises, alors que visiblement les colories urinaires découlent plus probablement de l'alimentation, l'inquiétude sanitaire concernant le vapotage pour des tiers se trouve sans fondement. Le professeur a alors un soubresaut convoquant un risque comportemental. 

Trait identifié par de nombreux psychiatres, le délire rejette les faits de raison, notamment ici les comptes-rendus scientifiques, mais recèle souvent sa propre logique. "Le vapotage peut re-normaliser le tabagisme", assène ainsi le Pr Dautzenberg. Voilà Orwell revigoré. Arrêter de fumer, c'est fumer, a t-on envie de scander avec le docteur. En somme, un vapoteur re-normalise le tabagisme, Doit-on comprendre alors qu'un fumeur tend à montrer en acte que le tabagisme est anormal et dégouttant? Arrêter de fumer serait donc pire, aux yeux d'une certaine lutte anti-tabac, que de continuer de fumer, car cela peut re-normaliser ce qui serait (où?) dé-normalisé. On sait que d'aucun suggère de ne pas aider les fumeurs à arrêter pour que seuls les plus méritants se libèrent dans une souffrance rédemptrice et que les autres périssent le plus atrocement possible afin d'édifier les jeunes par leur agonie. Il y a peut-être un quelque chose de Chapman chez le Pr Dautzenberg, en dépit d'un fond humaniste clairement plus prononcé que chez l'ultra puritain.  

Le second assassinat de la loi Evin

Entre soutien à l'arrêt du tabagisme, mais volonté d'exclusion des parias ayant arrêté de fumer sans autre justification que de sombres hypothèses, il est passablement difficile de suivre la cohérence du propos. Comme le saisi spontanément la présentatrice de BFM-TV, le discours d'assimilation du vapotage au tabagisme finit par tuer la distinction fondatrice de la loi Evin qui interdit le tabagisme passif en raison de son impact sanitaire. Tout cela est réduit à un embrouillamini laissant à penser à un "simple problème de vivre ensemble", ou plutôt d'intolérance aux manies du prochain, pour fonder ce régime d'exclusion. Comment l'auditeur pourrait-il y voir autre chose qu'une volonté d'emmerder les fumeurs et désormais aussi les ex-fumeurs?  

Après cet incompréhensible amalgame, la dernière saillie sur le plateau de RMC du professeur alerte sur les nouvelles cigarettes de tabac chauffé des cigarettiers. "Il faut une ligne rouge entre les deux. Quand il y a du tabac, c'est un produit du tabac, quand il n'y en a pas, cela n'en est pas", conclue le professeur qui a miné auparavant la possibilité de cette distinction en excluant les vapoteurs du registre des non-fumeurs par le mythologique vapotage passif. Bien illuminé celui qui peut suivre ce chemin.

Une prescription compassionnelle

Mieux s'hydrater pour alléger les urines. Si les troubles anxiogènes liés à la couleur et au contenu en cotinine de celles-ci perdurent, bien que cela soit totalement bénin, le Pr Dautzenberg peut éviter les asperges et les plats contenant des solanacées. L'angoisse persistante d'un complot de re-normalisation du tabagisme mené par ceux qui ont arrêté de fumer doit cependant être traitée sérieusement. Même si le docteur semble jovial et empathique, il y a dans cette paranoïa un fond irrationnel et une opposition aux faits assez inquiétants. 

Concernant la loi Evin, déjà passablement éméchée sur son pan de l'alcool, sa spécificité sur le tabagisme vient de se faire étrangler par derrière. On peut douter qu'elle survive à un tel traitement par l'absurde aux yeux du public. Avec 36% de fumeurs, selon le dernier Eurobaromètre, on peut douter que cet amalgame fumeux soit une bonne idée pour la santé publique en France.

Sur le plateau de BFM-TV, le Pr Dautzenberg et Claude Falken de l'association Aiduce

Le Pr Dautzenberg, invité de Jean-Claude Bourdin vendredi matin

La Thaïlande reconnait officiellement des arrestations de vapoteurs étrangers, l'OMS l'encourage

"Il y a eut des incidents récemment avec des voyageurs étrangers qui n'étaient pas au courant de l'interdiction [du vapotage] et qui ont du payer une amende sur place ou ont été arrêtés". L'Autorité du Tourisme en Thaïlande (TAT) ne donne pas plus de précision dans son communiqué, daté du 22 septembre dernier, sur ces "incidents" liés à la prohibition du vapotage mise en place depuis 2014 par la junte militaire. Fin juillet, le milieu des vapoteurs alertait sur l'arrestation le 26 juillet d'un touriste Suisse détenu durant six jours pour avoir vapoté en public. Relâché sous caution, il risque une peine de prison, qui selon les griefs retenus peut aller jusqu'à 10 ans. Information confirmée par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), mais dont la médiatisation a valu quelques enfumages. Malgré notre demande, l'Ambassade thaïlandaise de Berne ne nous a donné aucune précision ni sur l'affaire ni sur les indications à donner aux voyageurs. 

Arrestations et confiscations

Depuis, la presse britannique s'est fait l'écho d'autres cas de touristes pris à partie par les forces de l'ordre en Thaïlande. Certains ont dû donner des sommes de l'ordre de plus de 160 Fs sans savoir s'il s'agissait d'amendes légales ou de racket policier. Une ambiguïté fréquente en Thaïlande comme le confirme un français expatrié dans un interview à Vapoteurs.net. De son côté, le Foreign Office recommande explicitement à ses ressortissants de ne pas prendre de produits de vapotage en Thaïlande, alors que le DFAE reste silencieux sur le sujet. L'interdiction du vapotage ne concerne pas seulement les touristes, de nombreuses arrestations de thaïlandais sont rapportées régulièrement par la presse locale.

C'est dans ce contexte que, bien qu'elle ne donne aucune précision sur les suites judiciaires des différentes affaires, l'Autorité du Tourisme en Thaïlande a décidé d'informer les futurs voyageurs par ce communiqué, repris par de nombreux sites d'information en ligne notamment de langue allemande. "Alors que le vapotage (ou e-cigs) est utilisé un peu partout dans le monde comme aide pour arrêter de fumer, les voyageurs qui viennent en Thaïlande doivent savoir que cela est en fait illégal dans le Royaume", explique la TAT. "Beaucoup pourraient se demander pourquoi un appareil prévu pour aider les gens à arrêter de fumer est interdit. Un porte-parole du Gouvernement a déclaré que l'interdiction a été introduite pour des raisons de santé et qu'elle était suggérée à l'origine parce que le vapotage pourrait amener les jeunes au tabagisme", poursuit le communiqué.

La violation de l'article 1 (d) de la Convention anti-tabac

En parallèle, le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a franchi un pas supplémentaire dans son soutien à la prohibition thaïlandaise de l'outil de réduction des méfaits. La Dr Jagdish Kaur, cadre du bureau asiatique de la FCTC, appelle à suivre l'exemple de la Thaïlande, de la Corée du Nord et du Timor oriental, contre toute liberté donnée aux usagers de pouvoir utiliser des outils de réduction de risques comme le vapotage. "Les pays de la région du Sud-Est asiatique (SEAR) doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire holistiquement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS), de manière appropriée à leur droit national. Sans égard à ce que ces produits contiennent ou non de la nicotine, ils imitent la fumée et doivent être considérer comme une promotion (directe ou indirecte) de l'usage de tabac", explique l'article de la cadre de l'OMS publié dans l'Indian Journal of Public Health le 15 septembre

Pourtant la Convention anti-tabac qui donne vie à ce bureau de l'OMS, stipule clairement la réduction des méfaits comme élément intrinsèque à sa démarche. "La "lutte anti-tabac" signifie une gamme de ressources, de demandes et de stratégies de réduction des méfaits visant à améliorer la santé de la population en éliminant ou réduisant la consommation de produits de tabac et l'exposition à la fumée de tabac"(*), précise dans sa version anglaise l'article 1 §d de la Convention cadre anti-tabac de l'OMS. La violation de cet article est activement soutenue par le Secrétariat Général actuel de la FCTC, qui s'est arrogé des pouvoirs de direction au-delà de son rôle de secrétariat au motif de lutter contre l'influence des firmes cigarettières. Bien que cette tactique d'opacité et d'exclusion de la société civile favorise un éco-système propice aux noyautages des grandes firmes tabagiques, notamment de Philip Morris comme l'a révélé une enquête de Reuters à propos du dernier sommet de la FCTC en Inde.

Sourires 1984

Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'OMS, avait déjà adressé officiellement ses "félicitations" et "toute [sa] gratitude" à la junte militaire thaïlandaise pour sa prohibition du vapotage quelques mois après le coup d'état en 2014. Le pays qui compte, selon ses statistiques officielles, 42% de fumeurs est considéré comme "une sucess-story" par la toute-puissante cheffe de la FCTC dans un article du Guardian à l'été 2016. Le marché légal des cigarettes y est tenu pour 80% par le Thaïland Tobacco Monopoly, entreprise d'Etat sous l'autorité du Ministère des finances mais qui ne détient plus le monopole en dépit de son nom. L'entreprise annonce rapporter plus de 7 milliards de baths (env. 200 millions FS, 180 millions €) par an au Royaume. Le Thaïland Tobacco Monopoly finance notamment clubs de football et actions culturelles... Au pays du sourire obligatoire, que les opposants démocrates comparent au roman 1984 de George Orwell, arrêter de fumer à l'aide de la vape, c'est pire que fumer des cigarettes. 

(*) "“tobacco control” means a range of supply, demand and harm reduction strategies that aim to improve the health of a population by eliminating or reducing their consumption of tobacco products and exposure to tobacco smoke", à noter que la traduction française officielle est peu claire sur le point de la réduction des méfaits.